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David Bowie, jeune mod pas ordinaire

1967. Londres. La capitale anglaise vibre dans l’atmosphère des « Swinging Sixties ». Cinéma, musique, mode, tous les arts connaissent une effervescence culturelle sans pareil. Dans la petite ville ouvrière de Bromley, au sud de Londres, un jeune blondinet tente lui aussi de participer au mouvement. Cheveux longs sur les oreilles, polo soigné, pantalon cigarette, il fait partie des mods. Il s’appelle David Jones. Il a 20 ans.

Un jeune mod à Bromley

David est un enfant de la classe moyenne anglaise. Le fils de John, employé caritatif, et de Peggy, ouvreuse de cinéma. Rue Plaistow Grove, dans la petite maison édouardienne où il vit avec ses parents, l’ennui est profond. Les weekends de dad and mum se ressemblent tous : course, shopping, film à la télévision sur la BBC. Et on recommence. Une vie bien morne. Pour échapper à cette « tyrannie de l’ordinaire », il quitte dès qu’il peut la maison de Bromley pour se réfugier à plein temps dans la musique. Dans le rock’n’roll !

Voilà plusieurs années que David a pour seule religion la musique. Terry, son demi-frère, lui fait découvrir très tôt les grands classiques du free jazz : Eric Dolphy, John Coltrane et surtout… Little Richard, pionnier du rock américain. Une révélation pour le jeune blondinet. Depuis, David s’est construit une trajectoire singulière de jeune rocker. À 20 ans, il a déjà rejoint pas moins de cinq groupes de rock : Kon-Rads, King Bees, Manish Boys, Lower Third, The Buzz. La passion est là, mais à chaque fois, les échecs se répètent. David encaisse. Il change de groupe pour ne pas s’enfermer. Mais il continue de croire dur comme fer à son ambition : il sera une superstar.

À l’école de l’échec

Mais comment percer dans l’Angleterre des sixties ? The Beatles, The Rolling Stones, The Kinks tiennent le haut du pavé et laissent peu de place à la concurrence en 1967. Pour réussir, il faut inventer. Un nom d’abord. David Bowie. En hommage au colonel américain Jim Bowie, héroïque lors du siège de Fort Alamo en 1836. Après six singles et autant d’échecs, il se lance dans un premier album, intitulé « David Bowie », sorti le 1ᵉʳ juin 1967. Résultat ? Échec complet. Le jour de sortie de l’album, The Beatles sortent le leur. Les petits poissons ne nagent pas avec les gros. David déprime. Il songe à devenir moine bouddhiste et à partir au Tibet…

Apprendre le mime

À l’automne 1967, il apprend qu’un homme a apprécié sa voix. Il s’appelle Lindsay Kemp. Imprégné par le pop art, Lindsay est chorégraphe, acteur, mime. Après avoir assisté à son show, David décide de s’inscrire à son cours de danse sur Floral Street. Sur scène, tout compte, lui dit Lindsay. Les costumes, la lumière, le maquillage. David apprend à maîtriser l’espace scénique et découvre le mime. Il comprend que le visuel, tout comme la musique, fabrique aussi l’originalité de l’artiste. Fasciné par son professeur, David participe à sa nouvelle création : Pierrot in Turquoise. Il devient Cloud, un jeune homme au maquillage de clown blanc.

À 20 ans, David Bowie commence à incarner des personnages sur scène. La composante visuelle fera la singularité de sa carrière. Il sera chanteur, danseur, homme de théâtre, mime et icône de mode. Un artiste total. Sa voix se révélera au grand public, deux ans plus tard, avec le tube Space Oddity en 1969. C’est l’histoire d’un jeune homme qui voulait échapper à la tyrannie de l’ordinaire. Les moteurs sont allumés. Quatre, trois, deux, un. David Bowie décolle.


Source:

www.radiofrance.fr

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