C’est l’une des plus illustres inconnues de la culture populaire. Mary Shelley, son nom vous dit quelque chose, mais c’est surtout celui de sa création qui résonne : Frankenstein. L’histoire d’un monstre devenu mythe, décliné en films, en séries, en costumes d’Halloween… Et qui a fini par éclipser celle qui lui avait donné vie alors qu’elle n’avait que 18 ans, par une nuit d’orage, au bord du lac Léman.
Une éducation marquée par la figure de sa mère
Mary Shelley naît en 1797 et grandit dans un siècle qui palpite. En France, la Révolution vient de renverser l’ordre ancien, ensanglantant au passage ses propres idéaux. Du côté des arts, de jeunes idéalistes décadents donnent un nouveau souffle au romantisme. Et la science, elle, commence à faire trembler les certitudes les plus profondes : sur la vie, sur la mort, sur ce qui fait de nous des humains. Mary Shelley traverse ces bouleversements, et par son éducation, les absorbe, et en fait la matière de son œuvre.
Parmi ces personnes qui placent leurs espoirs pour un monde nouveau dans la Révolution française, il y a Mary Wollstonecraft, la mère de Mary Shelley. Si les deux femmes n’auront jamais l’occasion de se connaître puisque Mary Wollstonecraft meurt une dizaine de jours seulement après la naissance de sa fille, c’est une figure tutélaire qui plane comme une ombre bienfaisante au-dessus de la vie de Mary Shelley. Wollstonecraft accorde une grande importance à l’éducation des femmes comme outil principal d’émancipation, une vision qu’elle défend notamment dans son ouvrage Défense des droits de la femmeOuverture dans un nouvel onglet (Flammarion, 2026). Mais mourant prématurément, c’est son père William Gowin qui se chargera de l’éducation de la jeune Mary.
Une vie de création
Mary Shelley traverse ces bouleversements, et par son éducation, les absorbe, et en fait la matière de son œuvre. Une fois mariée, elle mène avec son mari une vie d’exil romanesque en Suisse où naît le roman Frankenstein en 1818. Les Shelley sont portés par la création et le travail. D’ailleurs, son mari pousse sa femme à écrire. Dans son journal, Mary Shelley dit : “Dès le début, mon mari s’inquiétait pour que je me montre digne de ma filiation et que j’inscrive mon nom sur la page de la renommée. Il m’incitait sans cesse à obtenir une réputation littéraire.”
Perdant son mari prématurément, l’écrivaine qui lui survit 30 ans consacre une grande partie de sa vie à éditer et défendre l’œuvre de son mari. C’est d’ailleurs comme une éditrice que beaucoup la considèrent, mais c’est en réalité en devenant veuve qu’elle écrit la plupart de ses romans.

Extraits sonores de l’émission :• Film Frankenstein, de James Whale, 1931.• Intervention de la journaliste Mapie de Toulouse Lautrec dans l’émission Les grandes conférences, RTF, 1957.• Défense des droits de la femme, de Mary Wollstonecraft, lu par la comédienne Fanny Prost-Boucle, Flammarion, 2026.
Source:
www.radiofrance.fr


