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Canicule : les défis de la ville verte

Face à un climat qui ne cesse de se réchauffer, la question de l’adaptation des villes s’impose désormais comme une urgence. Îlots de chaleur, épisodes caniculaires à répétition, sols imperméabilisés : les centres urbains concentrent tous les symptômes du dérèglement climatique. Végétaliser apparaît comme une réponse incontournable, mais l’équation est loin d’être simple.

Où planter, quand chaque mètre carré est déjà disputé entre logements, voiries et espaces publics ? Comment intégrer la nature en ville sans se contenter de gestes cosmétiques ? Quelles essences d’arbres et de plantes sauront résister aux températures et aux sécheresses de demain, alors que certaines espèces plantées il y a quelques décennies peinent déjà à survivre ? Et surtout, avec quels moyens financiers et humains les collectivités pourront-elles mener ces transformations, souvent coûteuses et de longue haleine ? Autant de questions qui dessinent, en creux, les défis de la ville verte de demain.

Un bilan alarmant

Pour comprendre l’ampleur de ce défi, encore faut-il mesurer celui qui s’impose déjà à nous. Les vagues de chaleur qui frappent le pays ne sont plus des accidents climatiques isolés, mais bien les signes avant-coureurs d’une nouvelle norme.

Françoise Vimeux : « En tant que climatologues, nous n’avons pas été surpris de voir de telles vagues de chaleur. Un chiffre m’a marqué : le seuil des 40°C a été atteint ou dépassé plus d’une fois sur 40% du territoire, en particulier dans des territoires où les précédents records étaient très loins. (…) Avant les années 80, le seuil des 40°C était dépassé extrêmement rarement. Depuis 2015, on le dépasse tous les ans plusieurs fois, plusieurs dizaines de fois. Fin juin 2026, on a dépassé ce seuil 114 fois. Cette situation est inédite par sa précocité. On fait face à ces nouvelles vagues de chaleur qui vont devenir notre quotidien, notre norme. »

Le surcoût de l’inaction

Concernant l’adaptation, la question des moyens se pose. Si la végétalisation des villes représente un investissement conséquent, ne rien faire coûterait bien plus cher encore.

Amandine Richaud-Crambes : « On pense souvent que les questions de l’environnement et l’adaptation aux changements climatiques sont les parents pauvres de la politique parce que ces questions ont un coût élevé. Or, on voit que l’inaction a un coût bien plus élevé que les politiques d’investissement aux changements climatiques. Cette inaction peut être calculée comme un coût social et sanitaire, un coût sur l’économie, sur l’agriculture,… Des projections de l’OCDE disent qu’à +2°C – donc des trajectoires que l’on a déjà commencé à avoir – on peut aller jusqu’à une perte de 10% du PIB. »

Quels arbres planter ?

Reste alors la question, très concrète, du choix des essences. Planter aujourd’hui, c’est parier sur un climat que l’on ne connaît pas encore avec certitude.

Sylvain Grisot : « Concernant les climats à venir, on a un problème de prévisions : on plante aujourd’hui des arbres dans un climat qui est déjà bouleversé. Or, quand on plante du végétal, ce ne sont pas des températures moyennes qui nous intéressent, ce sont à la fois des évènements de crises auxquels il faudra que le végétal résiste, et ce sont aussi des saisonnalités,… En d’autres termes, il va falloir miser sur l’intelligence du vivant ainsi que sur une plus grande diversité d’essence pour prévoir plusieurs scénari. Enfin, il faudra planter beaucoup plus. »

Pour aller plus loin

Sylvain Grisot, Redirection urbaineOuverture dans un nouvel onglet, ed. Apogée, 2024.

Tribune de Françoise Vimeux , “Nous ne reviendrons pas au climat de notre enfance au cours du XXIe siècle, même si nous réussissons à décarboner nos modes de vie”Ouverture dans un nouvel onglet, Le Monde, 30 mai 2026.

La startup d’Etat « Plus fraîcheOuverture dans un nouvel onglet ma villeOuverture dans un nouvel onglet » par l’ADEME, service public gratuit et ouvert à tous permettant d’accompagner les communes pendant leurs projets de rafraîchissement.

L’association Transitions UrbainesOuverture dans un nouvel onglet, dédiée à l’accélération des transitions écologiques, sociales et démocratiques de la fabrique de la ville.


Source:

www.radiofrance.fr

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