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Plus de 2000 km d'échappée cette saison, fan de bikepacking… Qui est Baptiste Veistroffer, l'infatigable baroudeur français du Tour de France 2026 ?

Le coureur tricolore de Lotto-Intermarché, peu connu du public, est le principal animateur des échappées en plaine de ce Tour de France, qu’il découvre à 26 ans.


Publié le 10/07/2026 17:54

Temps de lecture : 3min

Baptiste Veistroffer lors de la 5e étape du Tour de France entre Lannemezan et Pau, le 8 juillet 2026. (Tomas Sisk/Pool/GodingImages/Shutterstock/SIPA)

Quand il est prévu qu’il se passe peu de choses, comptez sur lui empêcher le Tour de France de tourner en rond. Bardé de son dossard 157 et de sa tunique rouge Lotto-Intermarché, Baptiste Veistroffer est le grand animateur des étapes de plaine sur cette édition 2026. Pour sa première Grande Boucle, le baroudeur de 26 ans a les jambes qui le démangent. D’abord dévolu à la protection de son sprinteur Arnaud De Lie, qui a rapidement abandonné (3e étape), il peut désormais jouer sa carte personnelle, et ce n’est pas tombé dans l’oreille d’un sourd.

Premier attaquant du Tour lors de la 2e étape en Espagne, il avait remis ça mardi lors de la 5e entre Lannemezan et Pau. Sur un tracé tout plat qui avait découragé la totalité du peloton, il fut l’unique animateur de la journée, parti seul dans un interminable raid solitaire de 144 km. Repris seulement à 14 kilomètres de l’arrivée, le baroudeur n’affichait quasiment aucune frustration d’avoir été laissé comme un appât face au peloton, qui l’a finalement avalé.

« J’ai ressenti beaucoup de chance. de pouvoir faire ça sur le Tour de France, la plus grande course au monde, le rêve de tout cycliste. C’est une forme de respect pour les organisateurs, le public, les sponsors. Une étape sans échappée, c’est quand même vachement bête ».

Baptiste Veistroffer, coureur Lotto-Intermarché

au matin du 10 juillet

Vendredi matin, les fourmis lui picotaient encore les jambes de filer devant le peloton. « J’aimerais bien ouvrir la route si les équipes m’autorisent. J’ai envie mais si j’ai tout le peloton à mes trousses directement, je ne vais peut-être pas dépenser trop d’énergie inutilement », anticipait-il.

La tentation était trop forte : il s’est une nouvelle fois échappé, cette fois en compagnie du Tchèque Jakub Otruba (Caja Rural) dans une entreprise vouée à l’échec à 99% et reprise à 18 km. « C’est juste dans mon tempérament. C’est pour ça que je prends mon pied quand je fais ça », explique l’intéressé, qui a été élu meilleur combatif du jour pour la deuxième fois.

Venu du triathlon, le Breton vit sa troisième saison en professionnel, lui qui a travaillé en tant qu’ingénieur naval dans la Marine nationale après avoir décroché un diplôme en génie climatique. Passé par l’équipe de développement de Decathlon CMA-CGM avant de partir chez Lotto en 2025, le « Sanglier de Fouesnant » – surnom lié à son gabarit massif et sa ville de naissance, dans le Finistère – s’est fait une spécialité des raids solitaires, qui lui ont permis de remporter sa première victoire professionnelle sur le Tour d’Oman, en février.

Au milieu de l’étape de vendredi, le peloton a passé les 1000 kilomètres depuis le début à Barcelone, samedi dernier. Baptiste Veistroffer en a passé presque un quart à l’avant (234). Cette saison, le total est encore plus impressionnant : il compte plus de 2200 kilomètres d’échappée, un record dans le peloton. Son dauphin, Raul Garcia Pierna (Movistar), en compte 500 de moins (1710).

L’attitude du Breton, qui se présente souvent en zone mixte avec un bob de son équipe et un air très détendu, tranche avec le contrôle parfois extrême de certains coureurs et de certaines équipes. Un vent de fraîcheur qui a de plus en plus de mal à exister sur le Tour, où les échappées « publicitaires », et souvent condamnées d’avance, se font plus rares.

« Dans le cyclisme où les leaders surdominent et contrôlent vraiment au millimètre, ça ferme beaucoup de portes, c’est sûr », racontait vendredi matin celui qui est le coureur de cette édition qui compte le plus de jours de course cette saison au départ (53). « Il faut toujours continuer d’y croire, ce qui me rend heureux c’est la progression, pas le résultat en soi. C’est la loi de l’échappée, il faut y croire, les chances sont quand même assez faibles mais si on est optimiste… », a-t-il poursuivi à l’arrivée à Bordeaux au micro de France Télévisions.

Preuve de son profil très atypique, Baptiste Veistroffer ne fait rien comme les autres l’hiver. Alors que les stages en Espagne se sont démocratisés dans les équipes professionnelles, lui prend la tangente inverse. Il pratique le bikepacking (voyage à vélo) à travers le globe. « L’année dernière j’ai traversé la Thaïlande, l’année d’avant les Etats-Unis, et cet hiver je vais peut-être partir de Hong Kong et descendre tout le long du Vietnam. Ça me permet de faire mon bloc d’endurance, avec un peu moins de monotonie », souriait vendredi matin l’intéressé.

Cet infatigable coursier au physique large a encore dû se résoudre à voir les sprinteurs obtenir gain de cause à Bordeaux, vendredi. Samedi, une nouvelle étape toute plate attend les coureurs. Une nouvelle occasion de le voir à l’avant, ou de récupérer ? « Des fois, il vaut mieux savoir reculer pour mieux sauter le lendemain. Et les échappées intéressantes sont davantage quand tout le monde est très fatigué. À moi de savoir en jouer aussi », anticipait-il à Carcassonne. Mais pourra-t-il tempérer son caractère et ses envies, et patienter jusqu’à la fin du Tour ?


Source:

www.franceinfo.fr

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