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Genèse d'OpenAI: Elon Musk placé face à ses ambiguïtés dans un interrogatoire tendu

Elon Musk s’est défendu pied à pied mercredi 29 avril 2026 lors d’un contre-interrogatoire au procès d’OpenAI, confronté par l’avocat de la maison mère de ChatGPT à ses déclarations passées, susceptibles de contredire sa thèse : celle du bienfaiteur d’un laboratoire d’IA à vocation philanthropique, trahi par des cofondateurs vénaux.

« J’ai été littéralement un idiot »

Au deuxième jour de son témoignage à Oakland, de l’autre côté de la baie de San Francisco, le multimilliardaire a réitéré sa conviction à l’origine de sa plainte contre son rival Sam Altman et les autres dirigeants d’OpenAI.

« J’ai donné 38 millions de dollars de financement essentiellement sans gain, qu’ils ont utilisés pour créer une entreprise à but lucratif valorisée à 800 milliards de dollars. J’ai été littéralement un idiot », a-t-il déclaré en réponse à son avocat.

La tonalité s’est radicalement tendue une fois confronté au feu des questions de l’avocat d’OpenAI, Bill Savitt, obligeant l’homme le plus riche du monde à contenir sa visible irritation. « Vos questions ne sont pas simples. Elles sont conçues pour me piéger », s’est plaint le patron de SpaceX. « Monsieur Musk, vous êtes un homme brillant. Je vous pose des questions qui appellent pour la plupart une réponse par oui ou par non », a répliqué froidement Savitt.

Leur duel doit reprendre jeudi. Au premier rang, Sam Altman, en costume sombre, n’a rien raté des plus de quatre heures de témoignage de son protecteur devenu son ennemi et concurrent. A ses côtés, son compagnon de route Greg Brockman, le président d’OpenAI, était très appliqué à prendre des notes manuscrites sur un grand bloc-notes jaune.

Tous deux devront témoigner à leur tour d’ici mi-mai. Au cœur du procès, Elon Musk les accuse d’avoir trahi la vocation non lucrative d’OpenAI, qu’il a contribué à fonder fin 2015 avant de s’en éloigner en 2018.

Lire aussi Musk vs Altman : le procès OpenAI relance la question du contrôle de l’IA

Une « spéculation » 

Le patron de Tesla et SpaceX est-il sincère? Ignorait-il que le virage commercial était inévitable pour financer les talents, les processeurs et les centres de données nécessaires à la ruée vers l’IA ? N’a-t-il pas plutôt tenté de conserver les pleins pouvoirs ?

Dès novembre 2015, Musk écrivait à Altman qu’il serait « probablement mieux » de créer une société commerciale parallèlement à une structure non lucrative, a soulevé Bill Savitt. Le problème n’est pas le modèle hybride, a rétorqué le multimilliardaire, mais que « la structure lucrative d’OpenAI est devenue la structure principale ».

Un an après, en décembre 2016, Elon Musk écrivait à des associés que faire d’OpenAI un organisme à but non lucratif était peut-être « la mauvaise décision ». C’était une « spéculation » dans un e-mail interne, pas une position ferme, s’est-il défendu mercredi.

L’avocat d’OpenAI a produit des échanges de septembre 2017 dans lesquels Musk négociait la future structure capitalistique d’un entité commerciale pour la start-up, réclamant 50% des parts et la majorité des sièges administrateurs.

Elon Musk justifie ce désir de contrôle par la nécessité de maîtriser le développement de l’IA, capable selon lui d’éradiquer l’humanité si placée dans les mauvaises mains. « S’il y avait une décision que j’estimais très mauvaise, j’aurais pu l’arrêter », a-t-il justifié, assurant que ses parts auraient été diluées avec le temps pour une direction plus collégiale.

Lire aussi Le procès d’Elon Musk contre OpenAI ou les coulisses d’une âpre lutte de pouvoir dans l’IA

Entrées en bourse 

Dix ans après sa fondation, OpenAI est devenu un colosse commercial, valorisé à 852 milliards de dollars et sur la voie d’une entrée en bourse retentissante.

Elon Musk est devenu son concurrent direct, après avoir créer xAI, sa propre société d’IA, à l’origine du modèle Grok. En février, il a absorbé le laboratoire dans son vaisseau amiral SpaceX, valorisé à 1.250 milliards de dollars et aussi en lice pour une introduction en bourse hors du commun.

D’ici mi-mai, aidée par l’avis consultatif du jury, la juge Yvonne Gonzalez Rogers entend trancher trois questions soulevées par la plainte de Musk : OpenAI a-t-elle violé sa mission philanthropique originelle ? S’est-elle enrichie injustement ? Ses liens avec Microsoft violent-ils les règles antitrust ?

Outre un retour au statut non lucratif – qui bloquerait l’entrée en Bourse d’OpenAI -, Elon Musk réclame l’éviction de Sam Altman et de Greg Brockman, cofondateur et président d’OpenAI, ainsi que la rupture des liens avec Microsoft. Son PDG Satya Nadella doit aussi témoigner début mai.


Source:

www.sciencesetavenir.fr

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