L’institution de Francfort a sans surpsie maintenu ses taux directeurs inchangés ce jeudi, malgré une accélération de l’inflation en zone euro.
La Banque centrale européenne (BCE) a maintenu ce jeudi pour la septième fois d’affilée depuis juillet son principal taux directeur à 2%, malgré le choc énergétique provoqué par la guerre au Moyen-Orient, qui « accentue l’inflation et pèse sur le climat économique » selon l’institution.
Comme anticipé par les observateurs, le taux de dépôt, qui sert de référence pour l’économie, a été maintenu à 2,0%. « Le Conseil des gouverneurs reste bien positionné pour faire face à l’incertitude actuelle », affirme la BCE dans un communiqué.
L’inflation à 3% en zone euro
La Banque centrale européenne (BCE) a alerté sur « l’intensification » des risques pour l’inflation et la croissance en zone euro, dans le contexte de la guerre au Moyen-Orient. « Les effets de la guerre sur l’inflation à moyen terme et l’activité économique dépendront de l’intensité et de la durée du choc sur les prix de l’énergie et de l’ampleur de ses effets indirects », a expliqué l’institution dans un communiqué.
Les dernières statistiques sur la zone euro sont tombées ce jeudi en pleine réunion de politique monétaire: l’inflation s’est de nouveau accélérée en avril, à 3%, son plus haut niveau depuis septembre 2023 et après 2,6% en mars, a indiqué jeudi Eurostat.
L’Office statistique a par ailleurs fait état d’une croissance économique quasiment nulle (0,1%) au premier trimestre dans la région, déjouant les attentes des économistes.
La fermeture du détroit d’Ormuz a provoqué la hausse brutale des prix de l’énergie, sans toutefois atteindre à ce stade les scénarios les plus pessimistes envisagés par la BCE. Ils ravivent néanmoins les craintes inflationnistes au moment même où la croissance économique montre des signes d’essoufflement.
La Fed et la Banque d’Angleterre optent aussi pour le statu quo
Aux États-Unis, la Réserve fédérale (Fed) a elle aussi maintenu sans surprise ses taux directeurs dans la fourchette entre 3,50% et 3,75%, comme depuis décembre, attendant de voir comment la première économie mondiale encaisse la guerre au Moyen-Orient. De même, la Banque d’Angleterre (BoE) a laissé son principal taux directeur inchangé jeudi, à 3,75%, comme attendu, mais a abaissé à nouveau ses prévisions de croissance pour l’économie britannique. Si l’institution londonienne s’est dite prête à agir si nécessaire, le contexte économique fragile fait que « la barre est haute » pour qu’elle relève ses taux à court terme, indique James Smith, analyste à ING.
Pour la zone euro, les marchés anticipent une hausse en juin, avec la publication de nouvelles projections économiques intégrant plus finement les conséquences du conflit armé. Plus le conflit avec l’Iran va s’éterniser, plus les prix d’énergie élevés risquent de se répandre sur des secteurs clés comme les semi-conducteurs, les engrais, la chimie ou les plastiques, craint la BCE.
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