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"La vieille garde s'inquiète", "le camp des faucons s'est étoffé": Donald Trump a nommé un nouveau président à la tête de la Fed pour obtenir une baisse des taux mais la banque centrale devrait temporiser encore un peu

Nommé par Donald Trump président de la Fed, Kevin Warsh participera cette semaine à sa deuxième réunion de politique monétaire. Une majorité d’investisseurs s’attendent toutefois à un nouveau statu quo sur les taux. Certains prédisent plutôt une hausse, ce qui serait le scénario catastrophe pour le président américain.

Kevin Warsh, choisi par Donald Trump à la tête de la Réserve fédérale (Fed) dans l’optique de faire baisser les taux d’intérêt américains, va présider sa deuxième réunion de politique monétaire, entouré de « faucons » qui se disent prêts à fondre sur l’inflation. Après deux jours de session à huis clos, les 28 et 29 juillet, la Fed annoncera sa décision mercredi à 18H00 GMT. Kevin Warsh prendra ensuite la parole.

La plupart des investisseurs s’attendent à un cinquième statu quo consécutif (les taux directeurs sont entre 3,50% et 3,75% depuis décembre), selon l’outil de veille CME FedWatch. Leur conviction est moins forte que d’ordinaire – ce qui est rare à quelques jours de l’échéance -, alors que plus d’un tiers des investisseurs envisagent une hausse des taux.

« La vieille garde s’inquiète de l’évolution de l’économie »

C’est parce qu’ils pensent que la politique monétaire est près de basculer pour combattre l’inflation, percutée de plein fouet par la guerre au Moyen-Orient et la flambée des prix du pétrole. La banque centrale de la première économie mondiale n’a plus relevé ses taux, qui guident les coûts d’emprunt, depuis l’été 2023.

« Nous avons peut-être un nouveau président (à la Fed, NDLR) mais la vieille garde s’inquiète de l’évolution de l’économie depuis le début de l’année », commente Diane Swonk, économiste du cabinet KPMG, auprès de l’AFP. « Le camp des faucons a non seulement durci sa position, mais il s’est étoffé », ajoute-t-elle.

En jargon monétaire, le terme « faucons » désigne les responsables davantage disposés à freiner l’accès à l’argent pour calmer l’inflation, par opposition aux « colombes », plus promptes à soutenir l’activité par des taux bas. Douze personnes votent au sein du comité de politique monétaire de la Réserve fédérale.

Elles sont chargées de fixer les taux d’intérêt de manière à ce qu’un maximum d’Américains puissent avoir un travail dans un environnement peu inflationniste. Or les prix ont bondi de 4,1% sur un an en mai aux États-Unis, selon la jauge préférée de l’institution (l’indice PCE) – un rythme deux fois plus élevé que son objectif. En parallèle, le chômage reste bas à 4,2%.

Le club de la Bourse : Kevin Warsh reste ferme face à l'inflation - 02/07
Le club de la Bourse : Kevin Warsh reste ferme face à l’inflation – 02/07

Dissensions possibles

« Ce qu’il faut surveiller, c’est combien de membres de la Fed sont prêts à relever les taux » cette fois-ci, reprend Diane Swonk, qui s’attend à des votes dissonants. La décision avait été unanime en juin, lors de la première réunion présidée par Kevin Warsh. Ce dernier martèle qu’il s’engage à ramener « la stabilité des prix », sans dire comment.

Un relèvement des taux représenterait un scénario catastrophe pour le président Donald Trump qui a promis de faire baisser les prix comme les coûts d’emprunt. Avant de nommer Warsh – dont il ne cache pas attendre une politique monétaire plus accommodante – il a mené une campagne acharnée contre celui qui a occupé pendant huit ans son fauteuil, Jerome Powell.

Kevin Warsh a récemment assuré au Congrès qu’il « continuerai(t) à faire (s)on travail » s’il était à son tour pris pour cible par l’exécutif. Il a aussi répété qu’il prisait l’idée d’avoir « une bonne dispute de famille » lors des réunions de la Fed, c’est-à-dire des débats animés, pas conventionnels ni corsetés. Le reflux des prix à la pompe a offert un peu de répit aux Américains en juin, mais c’était avant la reprise des hostilités dans le Golfe qui a fait rebondir les coûts de l’énergie.

Les économistes mettent en avant d’autres sources de tension: les droits de douane de Donald Trump qui renchérissent les importations mais aussi la frénésie autour de l’intelligence artificielle (IA) et des centres de données. Celle-ci dope l’activité aux Etats-Unis et la fortune des détenteurs d’actions. Elle génère aussi un mécontentement croissant, notamment parmi ceux qui voient leurs factures d’électricité augmenter.


Source:

www.bfmtv.com

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