Le gouvernement veut limiter à 0,4% la hausse des dépenses ministérielles en 2027, hors dette et armée, soit quatre fois moins que le niveau d’inflation attendu.
Le gouvernement souhaite limiter à 0,4% la hausse des dépenses des ministères en 2027, hors dépenses militaires et charge de la dette, soit quatre fois moins que l’inflation attendue, indique-t-il dans un document transmis mercredi soir au Parlement. Cette dernière est montée à 2,4% en mai sur un an, avant de redescendre à 1,8% en juin, après l’accord conclu entre l’Iran et les États-Unis pour cesser les hostilités au Moyen-Orient.
Si les dépenses de l’administration centrale sont fixées à 708,4 milliards d’euros pour 2027, celles de la sécurité sociale « croîtront plus vite que l’inflation » pour leur part, pour s’élever à 838,3 milliards d’euros. Le gouvernement demandera également aux collectivités territoriales de ne pas augmenter leurs dépenses au-delà de l’inflation en 2027. Cela, dans l’objectif de ramener le déficit public à 5% du PIB.
Une hausse maximale de 1,5 milliard d’euros par ministère
La préparation du projet de loi de finances 2027 bat son plein. Ce document intitulé « plafonds de dépenses du projet de loi de finances pour 2027 », ou « tiré à part » en jargon budgétaire, limite à 1,5 milliard d’euros la hausse des crédits par ministère l’an prochain, hors défense (+6,4 milliards d’euros pour ce dernier).
Invité de franceinfo, le ministre du Budget, David Amiel, a livré quelques informations à ce sujet.
« Les deux missions budgétaires qui augmenteront le plus en 2027, ce sont la défense et la transition écologique. La mission sur la transition écologique augmentera de 1,5 milliard d’euros par rapport à cette année », a-t-il déclaré.
Cette dernière enregistre en effet la plus forte hausse de ses crédits, devant la mission Solidarité (+1,1 milliard), l’Enseignement scolaire (+0,8 milliard), la Recherche et l’Enseignement supérieur (+0,6 milliard), les Sécurités (+0,6 milliard) et la Justice (+0,4 milliard).
En revanche, la mission Travail, emploi et administration des ministères sociaux perd 2,8 milliards d’euros, France 2030 0,4 milliard, les régimes sociaux et de retraite 0,4 milliard, l’Aide publique au développement 0,3 milliard, les Relations avec les collectivités territoriales 0,2 milliard, et les missions Agriculture et Santé 0,1 milliard chacune.
À politique inchangée, le déficit pourrait atteindre 5,9% du PIB l’an prochain selon un groupe d’économistes
Selon le rapport remis mercredi par un groupe d’économistes sollicités par le gouvernement, sans politique de réduction du déficit public, celui-ci pourrait atteindre 5,9% du PIB (Produit intérieur brut) en 2027, et 6,8% en 2030 (contre 5,1% en 2025).
Dans le même temps, le montant de la dette publique gonflerait sensiblement, passant de l’équivalent de 118% du PIB en 2026 à 130% en 2030, soit une hausse de 34 points en 20 ans.
« Comparé à la dynamique des dépenses de sécurité sociale et locales, c’est l’État qui réalisera à nouveau l’effort le plus important sans toutefois renoncer au financement de priorités clairement identifiées », indique le document.
Le Premier ministre Sébastien Lecornu avait écrit aux ministres le 10 juin dernier, pour les prier de revoir à la baisse leurs demandes initiales, rappelle le « tiré à part ».
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