Invité politique de La Matinale, Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement national et député de la Moselle, est revenu sur le bilan des récentes canicules, les incendies qui touchent la France et le maintien de Monique Barbut au gouvernement. Il a notamment dénoncé le manque d’anticipation de l’exécutif face aux crises climatiques et défendu les propositions du RN pour mieux protéger les populations les plus vulnérables.
Laurent Jacobelli, porte-parole du Rassemblement national et député de la Moselle, était l’invité politique de Franceinfo ce jeudi 23 juillet. Il a répondu aux questions de Béatrice Gelot sur le lourd bilan des récentes canicules, les incendies qui frappent le pays et le maintien de Monique Barbut au gouvernement. Il a notamment accusé l’exécutif de manquer d’anticipation face aux crises et défendu les propositions du RN en matière de climatisation des bâtiments publics et de lutte contre les feux de forêt.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Béatrice Gelot : Ce chiffre, 5 764 morts de plus. C’est le résultat des canicules entre le 17 juin et le 2 juillet. Ces chiffres devraient encore s’accentuer. 36 % de plus qu’attendu. Le gouvernement a failli ?
Laurent Jacobelli : Oui, clairement, le gouvernement a failli. Il a attendu, il a été passif, une vache qui regarde passer les trains. Aucune action n’a été prise, notamment pour faciliter la vie des plus fragiles, les jeunes, les malades et les plus anciens, nos seniors, notamment en installant la climatisation. Là, il faut l’installer à l’hôpital, dans les EHPAD. C’est pour ça qu’avec Marine Le Pen, nous proposons un grand plan climatisation.
Mais installer des climatisations partout, ce n’est pas non plus la solution ?
C’est une solution temporaire qui permet de vivre, voire de survivre. Tout le monde nous parle du réchauffement climatique, et c’est vrai qu’il faut lutter contre cela, c’est vrai qu’il faut agir. D’ailleurs, le gouvernement agit peu. Mais, là, quotidiennement, il y a des gens qui souffrent de la chaleur et qui meurent. On ne peut pas dire à la fois que la canicule est un phénomène qui va se répéter à l’envi et ne rien faire parallèlement. Je crois que, maintenant, il faut passer à l’action. C’est ce que nous proposons avec ce plan climatisation pour équiper les hôpitaux, les EHPAD et les écoles. Nous sommes largement sous-équipés. Quand on voit qu’au Japon ou aux États-Unis d’Amérique, ce sont entre trois quarts et 90 % des établissements qui sont équipés, on a vraiment un train de retard. Le prix à payer, malheureusement, pour les plus fragiles, c’est le prix de la vie.
Sauf que mettre la climatisation partout, notamment pour les plus fragiles ou ceux qui vivent dans des bouilloires thermiques, vous m’accorderez que cela va coûter cher en électricité. Et aujourd’hui, les Français ont un problème de budget.
Alors, moi, je pense que la vie, d’abord, n’a pas de prix. Vous me permettrez de penser qu’on ne peut pas établir combien coûte la vie d’une personne âgée. Ça n’a pas de prix, il faut la protéger. C’est notre devoir de responsables politiques et, je crois, de tout citoyen. Vous savez, il y a des systèmes avec des prêts à taux zéro pour l’équipement. On a bien fait MaPrimeRénov’. Tout cela, c’est une question de volonté. Et puis, on n’est pas plus bêtes que les autres. Si les États-Unis ou le Japon l’ont fait, pourquoi ne pourrions-nous pas le faire ? Je le répète, il y a 5 000 vies à chaque épisode caniculaire qui sont en jeu. Ça coûte, à chaque fois, 9 milliards par épisode caniculaire. Moi, je crois qu’aujourd’hui, on a une perte financière et une perte en vies humaines, et que notre rôle, c’est de préserver et de protéger nos concitoyens.
Est-ce que le gouvernement a aussi failli sur les incendies ? La France a battu le record de surface brûlée. Trois pompiers ont péri en intervention. On le voit encore ce matin, il y a des incendies en Gironde qui sont incontrôlables. Est-ce que l’État a aussi failli ?
Il y a ceux qui ne faillissent pas, ce sont les pompiers, volontaires ou professionnels, qui agissent, et je tiens à les saluer. Je tiens également à avoir une pensée pour les familles et les proches de ces pompiers qui ont donné leur vie pour protéger les Français. Mais, face à cela, il faut un gouvernement responsable. Or, nous avons un gouvernement qui, une fois encore, n’anticipe absolument rien. Nous avons aujourd’hui 12 Canadair. C’est une polémique importante. Pour faire une économie de quelques dizaines de millions d’euros, Gabriel Attal a renoncé à l’achat de deux Canadair supplémentaires. Pire encore, la filière française qui aurait permis de construire ces avions capables d’emporter beaucoup d’eau pour lutter contre les incendies n’a pas été activée, n’a pas été financée. Là encore, aucune anticipation. Gouverner, c’est prévoir. Nous avons un gouvernement qui n’a jamais rien prévu et, catastrophe après catastrophe, qu’elle soit sanitaire, caniculaire ou liée aux feux de forêt, il subit les événements.
Mais qu’est-ce que ferait le Rassemblement national ?
C’est très simple. Ces Canadair, nous les aurions achetés. La filière française de développement des avions contre le feu, nous l’aurions financée et soutenue. Pourquoi ? Parce que c’est de l’investissement. Nos forêts sont une richesse. Tous les habitants qui doivent déménager et reconstruire une nouvelle maison, cela représente un coût : un coût en assurance, un coût pour ces personnes. On nous parle toujours du surcoût du financement, mais on oublie, à chaque fois, de nous préciser le coût de ces défaillances. Cela nous coûte des dizaines de milliards d’euros par an. Il faut enfin un gouvernement qui gouverne, et non un gouvernement de comédiens qui se rend sur place quand il y a eu un crime ou un incendie, mais qui est incapable d’agir.
Alors, canicule, sécheresse, incendies… Il y a une ministre de la Transition écologique qui a finalement proposé sa démission à Emmanuel Macron. Emmanuel Macron l’a refusée hier matin. Vous comprenez ce revirement ?
En fait, c’est un gouvernement, excusez-moi de le dire, d’incapables. Pourquoi, selon vous, Emmanuel Macron a-t-il refusé ? Parce qu’il n’y a personne d’autre. Parce que personne, à part cette Madame Barbut, puisque c’est son nom, n’osera entrer au gouvernement. Qu’a fait cette dame ? Que pense cette dame ? À quoi sert cette dame ? Je ne parle pas de la personne privée, je parle de la ministre. Probablement à rien. Elle n’a réglé aucun problème. Quel est son grand plan pour lutter contre les incendies ? On l’attend toujours. On parle de réchauffement climatique, des personnes âgées qui meurent. Où est Madame Barbut ? On ne l’a pas vue.
Mais c’est un ministère quand même impossible, cette Transition écologique. On a vu sept ministres en l’espace de dix ans.
Pareil pour l’Éducation nationale, pareil pour tout. C’est-à-dire qu’on a des ministres aujourd’hui qui ne servent à rien. L’insécurité explose : que fait le ministre de l’Intérieur ? La justice est laxiste et défaillante, on le voit dans un certain nombre de cas récents : que fait le garde des Sceaux ? La France brûle : que fait la ministre de l’Environnement ? Ils ne font rien. S’ils font quelque chose, c’est s’occuper de leur poste : « Je pars, je ne pars pas. » C’est la seule fois où on a entendu parler d’elle. C’était la saga de l’été : est-ce que Mme Barbut gardera son véhicule de fonction ? Honnêtement, on s’en fiche. Qu’ils nous mettent des gens compétents, connus ou inconnus, mais pas des gens qui nous font des crises de nerfs quand ils ne sont pas contents et qui, finalement, n’ont même pas le courage politique de partir.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.
Source:
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