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Marine Le Pen condamnée en appel : "Dans une décision de justice, il y a toujours une part politique", estime Louis Aliot, vice-président du RN

Invité des « 4 Vérités » ce jeudi 9 juillet, le vice-président du Rassemblement national et maire de Perpignan confirme qu’il s’apprête, comme Marine Le Pen, à se pourvoir en cassation « sur des questions bien précises ». Il estime concernant le jugement rendu mardi sur le détournement de fonds au profit du Front national, que « les Français ont bien compris qu’il n’y a pas d’enrichissement personnel », et qu’ils « savent faire la part des choses ».

Condamné mardi 7 juillet à un an de prison et deux ans d’inéligibilité avec sursis, le maire de Perpignan, Louis Aliot, revient dans les « 4V » sur la condamnation de Marine Le Pen dans le procès en appel des assistants parlementaires du FN, et son pourvoi en cassation. Une décision qu’il s’apprête à prendre également, et qu’il approuve concernant la cheffe de file de son parti : « J’étais plutôt favorable à ce qu’elle soit candidate », admet-il ce jeudi face à Gilles Bornstein.

Ce texte correspond à une partie de la retranscription de l’interview ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Gilles Bornstein : Le procureur général près la Cour de cassation, Rémy Heitz, a répété que la Cour était en ordre de marche pour rendre une décision avant le scrutin présidentiel. Est-ce que vous êtes satisfait ?

Louis Aliot : Ils ont leur calendrier et je ne suis pas dans les arcanes de cette juridiction, mais on verra comment ça se passe au final.

Est-ce que vous allez déposer une question prioritaire de constitutionnalité ?

Pour l’instant, on est encore à l’étude de cet arrêt de cour d’appel. On a pointé un certain nombre de problèmes juridiques de fond et on répondra à ces questions au fur et à mesure. Ce sont nos avocats qui y répondront.

Donc, cette décision n’est pas prise ?

Non, pas encore.

Vous souhaitiez, le Rassemblement national, l’inéligibilité à vie pour un élu condamné. Peut-on être président de la République, présidente en l’occurrence, quand on est frappée d’une très lourde condamnation pénale pour détournement de fonds publics ?

Pour l’instant, Marine est en cassation et elle est présumée innocente. Donc, on verra bien ce que dit la Cour de cassation. Je rappelle qu’on a eu d’autres présidents de la République qui avaient été frappés par des condamnations et à ce moment-là, personne ne disait quoi que ce soit.

Jacques Chirac ?

Non, François Mitterrand, avec l’attentat de l’Observatoire, par exemple, entre autres. Voilà. Cela n’avait pas l’air de perturber les socialistes à l’époque.

Donc, on peut être condamné pénalement et président de la République, ça, ça ne vous perturbe pas, vous ?

Il n’y a pas d’enrichissement personnel. On est sur une querelle de qualification de contrat de travail. C’est une procédure longue qui a duré 12 ans, qui a fait l’actualité pendant 12 ans. Aujourd’hui, on arrive dans cette fin de parcours. Mais si j’en crois les enquêtes d’opinion et si j’en crois les élections, les Français ont bien compris qu’il n’y a pas d’enrichissement personnel et qu’on n’est pas dans un cas où il y a, comme ce fut à l’époque, les marchés publics d’Île-de-France ou des avantages personnels octroyés à certains, etc. Donc, je pense que les Français savent faire la part des choses.

Vous n’avez eu de cesse de critiquer pendant des années une justice politique aux ordres. Est-ce que vous le rediriez aujourd’hui ?

Mais dans une décision de justice, il y a toujours une part politique. Moi ce que je constate…

Y compris dans celle de mardi ?

Ce que je constate et qui est très inquiétant, c’est qu’on peut en première instance prononcer une peine de mort politique et en appel se retrouver dans une situation où finalement…

C’est pour ça qu’il y a deux degrés de juridiction.

Exactement. Mais c’est ce que certains, quand Marine a fait appel, critiquaient à l’époque. Et pourtant, heureusement qu’il y a cette double juridiction et heureusement qu’il y a la cassation pour réétudier les questions de fond.

Vous ne m’avez pas répondu. Vous avez très souvent critiqué une justice politique, est-ce que là, la justice a été politique ou indépendante ?

La justice est humaine. Elle rend ses décisions au nom du peuple français. Mais dans une décision de justice, il y a toujours une part politique.

Vous, Louis Aliot, avez été condamné à un an de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité, là aussi avec sursis, donc vous pouvez rester maire de Perpignan. Est-ce que personnellement, vous allez aussi vous pourvoir en cassation ?

Oui, parce que j’ai regardé la partie du jugement qui me concerne et je considère que la cour d’appel n’a pas répondu à un certain nombre d’arguments que mes conseils avaient apportés, donc je vais faire un pourvoi sur des questions bien précises.

Parlons de la campagne qui a commencé hier. Il y avait, mercredi à La Flèche, des manifestants sur le passage de Jordan Bardella et Marine Le Pen, criant par exemple « tête basse, mains sales », renversant votre slogan, obligeant Marine Le Pen à abréger son déplacement. Comment allez-vous faire campagne pendant des mois dans ces conditions ?

Oui, enfin, ce n’est pas tout à fait exact parce qu’elle avait rendez-vous à la mairie avec le maire de La Flèche qui est désormais du Rassemblement national. Mais ces gens-là de La France insoumise s’exposent à ce que d’autres aillent faire la campagne de Monsieur Mélenchon avec des pancartes : « Madame Chikirou rendez l’argent. » Parce que non seulement elle a été condamnée pour vol, elle, et au mois de mai elle va passer pour escroquerie.

C’est une menace ?

Ce n’est pas une menace, mais ils s’exposent à ça. La démocratie, c’est la liberté. Ils peuvent manifester et ils manifesteront sûrement, mais c’est aussi le droit des autres de manifester.

Ça ne va pas polluer votre campagne ?

Non, je ne crois pas. Les Français attendent des décisions de fond. Ils attendent un programme sur le pouvoir d’achat, sur l’insécurité, sur l’immigration et sur tout ce qui fait aujourd’hui la santé. Et ça, c’est du parasitage politicien qui est mené par l’extrême gauche. Cette extrême gauche, elle est sur le terrain contre nous, hier à La Flèche, mais elle est aussi dans les tribunaux contre les juges et elle est aussi à l’Assemblée nationale, comme il y a deux jours, en train de vociférer au balcon avec la famille Traoré et Madame Rima Hassan. Donc vous voyez, ils veulent bordéliser la démocratie, c’est leur ADN politique. Je pense que les Français ne sont pas dupes et ils répondront par les urnes d’une manière déterminée à ces provocations.

Juste après la décision, vous avez été vu dans la salle de la cour d’appel avec Marine Le Pen, en discussion animée avec elle. Est-ce que vous essayez déjà de la convaincre à ce moment-là de se présenter ?

C’est-à-dire que le prononcé du jugement faisait qu’elle avait purgé son inéligibilité à l’audience.

Et donc, vous lui avez dit tout de suite : « Vas-y, tu dois te présenter » ?

Je ne lui ai pas dit ça, je lui ai dit qu’il faut qu’on réétudie le cas, mais je n’étais pas seul à le lui dire, il faut qu’on étudie sérieusement désormais la décision du jugement.

Vous étiez parmi ceux qui lui ont, après, conseillé de se présenter.

J’étais surtout celui qui, avec d’autres autour de la table, discutait de cet arrêt de la cour d’appel et effectivement…

Vous ne voulez pas me répondre ?

Parce que, je veux dire, oui, j’étais plutôt favorable à ce qu’elle soit candidate, mais pour autant, il fallait quand même étudier le jugement pour savoir exactement quelles étaient les conséquences des décisions qui seraient prises.

Vous proposez dans votre programme, dans le précédent, l’interdiction pure et simple du voile dans l’espace public. Est-ce que vous allez maintenir cette mesure pour la campagne qui vient ?

Vous verrez bien.

Mais vous ne répondez à rien.

Je pense que dans un certain nombre d’endroits, le port du voile est un gros problème. Voilà, c’est tout ce que je vous dis. Et il l’est d’autant plus quand ce sont des fillettes qui le portent. Donc, ce sont des sujets qui seront dans notre programme politique, mais que vous connaîtrez au fur et à mesure. Je ne vais pas dévoiler le programme maintenant, c’est le cas de le dire.

Qu’est-ce que vous souhaitez ?

On verra ce que la candidate développera à ce moment-là, parce que je pense que c’est un problème pour la France aujourd’hui et qu’une majorité de Français est contre le port du voile dans l’espace public. Je ne peux pas prendre la responsabilité de vous dire quelque chose qui peut-être demain sera démenti.

Vous êtes maire de Perpignan, les feux sont à une vingtaine de kilomètres de votre ville. Vous critiquez souvent le fonctionnement de l’État. Est-ce que là, l’État, la Sécurité civile, fonctionne correctement ?

La sécurité civile fonctionne correctement avec l’aide déterminante des maires, notamment des villages. On a évacué plus de 10 000 personnes. Je remercie et je salue le courage et le travail des sapeurs-pompiers des Pyrénées-Orientales et des Canadair qui sont venus aider les sapeurs-pompiers. Mais je peux vous dire que c’est une situation pas facile. Pour autant, la saison touristique commence dans les Pyrénées-Orientales, le littoral se remplit et il ne faut pas avoir d’inquiétude.


Source:

www.franceinfo.fr

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