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Pamela. : l’alt-pop australienne débarque à Paris

Le duo australien Pamela. publie son premier EP It’s Nice To See You Here le 10 juillet, avec le clip de « Pandemonium ». La veille, Sarah Ellen et Josh Kempen investissent le Bus Palladium pour leur premier concert parisien.

La semaine du 6 juillet 2026 constitue un moment charnière pour Pamela. En effet, le duo de Sydney enchaîne trois échéances en quarante-huit heures. D’abord un concert au Bus Palladium le jeudi 9 juillet. Puis, le vendredi 10, la sortie de son premier EP It’s Nice To See You Here, accompagnée du clip de « Pandemonium ». Pour une formation née il y a deux ans à peine, le rythme est soutenu.

Derrière ce nom de scène à la ponctuation soignée se cachent deux visages bien connus en Australie. Chacun l’est pour des raisons différentes. Sarah Ellen a grandi devant les caméras, entre réseaux sociaux et plateaux de télévision. Josh Kempen, lui, a construit sa réputation de songwriter sur les scènes sud-africaines avant de poser ses valises à Sydney. Ensemble, ils façonnent une alt-pop précise et atmosphérique qui séduit aussi bien le public que l’industrie.

Une colocation, Pink Floyd et un projet né à Sydney

L’histoire de Pamela. commence comme beaucoup de belles histoires musicales : par hasard. Sarah Ellen et Josh Kempen se rencontrent en partageant une colocation à Sydney. Entre deux conversations, ils découvrent une passion commune pour Pink Floyd. De cette affinité naît l’envie d’écrire ensemble, d’abord pour voir, puis pour de bon.

Le projet prend officiellement vie en 2024. Dès ses débuts, le duo affiche une identité singulière. Harmonies vocales fluides, guitares chatoyantes, écriture à la fois joueuse et provocatrice : tels sont les marqueurs revendiqués par le projet. La presse spécialisée britannique et australienne remarque rapidement cette proposition qui refuse la surenchère. Chez Pamela., l’émotion prime en effet sur la démonstration.

Deux ans plus tard, les signaux envoyés par l’industrie se multiplient. Ainsi, le groupe a signé chez EMI Music Australia pour le disque et chez Sony Publishing pour l’édition. L’agence WME l’accompagne par ailleurs pour le live. Un alignement de poids lourds qui en dit long sur les attentes placées dans ce premier EP.

Sarah Ellen, de Neighbours à la scène musicale

Née en 1998 à Sydney, Sarah Ellen appartient à cette génération d’artistes révélés par les réseaux sociaux. Adolescente, elle se fait d’abord connaître sur Vine, la plateforme de vidéos courtes aujourd’hui disparue. En quelques mois, elle y rassemble plusieurs centaines de milliers d’abonnés. Ce succès précoce lui ouvre ensuite les portes du mannequinat, puis de la comédie.

Le grand public australien la découvre dans un rôle marquant : Madison Robinson, dans le feuilleton culte Neighbours. Son personnage n’est autre que la fille de Scott et Charlene, incarnés par Jason Donovan et Kylie Minogue. Une filiation fictive prestigieuse dans l’imaginaire télévisuel australien.

Mais la comédienne et mannequin nourrissait une autre ambition. Avec Pamela., Sarah Ellen opère une reconversion assumée vers la musique. Sa voix, à la fois aérienne et précise, structure l’identité sonore du duo. Loin d’un simple projet d’image, son investissement dans l’écriture témoigne d’une démarche artistique de fond.

De Vine aux studios : le parcours d’une génération hybride

Le trajet de Sarah Ellen illustre une mutation profonde du métier d’artiste. Sa notoriété première, elle la doit à Vine, où ses vidéos deviennent virales dès la fin 2013. En six mois à peine, elle fédère plus de 350 000 abonnés sur la plateforme. Ensuite, elle convertit ce capital d’audience en opportunités bien réelles : campagnes de mode, couvertures de magazines, rôles à la télévision.

Entrepreneuse dans l’âme, elle fonde également perksofher.com, un site dédié à la mode, à la beauté et au lifestyle. Cette polyvalence, parfois regardée avec méfiance par les puristes, s’avère aujourd’hui un atout. Elle connaît en effet les codes de l’image, la mécanique des réseaux et les attentes d’un public jeune. Autant de compétences précieuses pour lancer un projet musical en 2026.

Surtout, son passé d’interprète lui a appris la discipline des tournages et la gestion de l’exposition médiatique. Quand Pamela. se retrouve propulsé sous les projecteurs internationaux, Sarah Ellen avance donc en terrain connu. Un bagage peu courant pour un projet aussi récent.

Josh Kempen, l’itinéraire d’un songwriter aguerri

Le parcours de Josh Kempen est tout aussi atypique. Né en 1988 à Johannesburg, il émigre enfant en Australie avec ses parents. De retour en Afrique du Sud, il mène d’abord une carrière de juriste. La musique finit toutefois par rattraper cet avocat mélomane, guitariste depuis l’adolescence.

Des cadres de Warner Music South Africa le repèrent lors d’un concert au festival Oppikoppi. Il décroche alors un contrat et publie en 2015 un premier EP, The Midnight Ship. Ce disque lui vaut une nomination aux récompenses de la SAMRO, l’organisation sud-africaine des droits musicaux. Son premier album, The Morning Show, sort ensuite en 2017. Il est nommé aux South African Music Awards dans la catégorie meilleur album alternatif. Un deuxième disque, Oltramarino, suit en 2020.

Installé à Sydney, Kempen apporte à Pamela. son métier d’auteur-compositeur et une science du songwriting éprouvée. Cette complémentarité constitue sans doute l’un des secrets du duo. L’expérience de l’un répond ainsi à la fraîcheur de l’autre.

Pamela, une alt-pop de la retenue

Comment définir le son de Pamela. ? La presse anglo-saxonne évoque notamment la sensibilité écorchée de Shakey Graves et le minimalisme élégant des Strokes. L’énergie communicative de Primal Scream complète ces points de contact. Ces références sont flatteuses, mais le duo trace sa propre route. Il défend une alt-pop guidée par l’humeur, qui privilégie le ressenti à l’excès.

Cette esthétique de la retenue traverse toutes leurs productions. Les morceaux de Pamela. reposent sur des toplines hypnotiques et des riffs mémorables, sans jamais chercher l’esbroufe. Le résultat se veut instinctif, fédérateur et euphorique. Trois adjectifs qui reviennent d’ailleurs avec insistance dans les descriptions du groupe.

Sur scène, le duo cultive la même exigence. Ses concerts, décrits comme immersifs, ont largement contribué à sa réputation grandissante en Australie. C’est d’ailleurs cette dimension live qui a convaincu Dope Lemon, le projet d’Angus Stone, de l’inviter en première partie de sa tournée mondiale.

« Better Than Before », la rupture vue d’après

Dernier single en date, « Better Than Before » illustre parfaitement cette approche. Cathartique et porté par une mélodie lumineuse, le morceau explore l’après-rupture. Pas l’effondrement, mais le moment où la douleur reflue et laisse place à une sérénité retrouvée.

« C’est une chanson de rupture, mais pas l’effondrement – plutôt l’expiration d’après, quand tout commence à devenir plus léger », expliquait le duo à la presse britannique lors de la sortie du titre (propos traduits de l’anglais).

Josh Kempen et Sarah Ellen ont écrit ce titre pendant une période mouvementée. D’abord esquissé dans leur colocation, ils l’ont ensuite peaufiné en studio. Le clip officiel accompagne désormais cette montée en puissance sur les plateformes.

It’s Nice To See You Here, un premier EP très attendu

Le 10 juillet marque donc la sortie de It’s Nice To See You Here, publié par EMI Recorded Music Australia. Le disque rassemble six titres et approfondit l’univers du duo. Cette alt-pop atmosphérique et sensible est disponible en précommande sur Apple Music.

Ce premier format long — ou presque — intervient à un moment charnière. En deux ans d’existence, Pamela. a méthodiquement construit sa discographie. D’abord « The Invitation » et « Chain Reaction » en 2025, puis « Skin Contact » et « Better Than Before » en 2026. Chaque sortie a élargi son audience, chaque clip a affiné son image.

Parmi les six titres du disque figure notamment « Half of Me Is You », qui referme le projet. L’EP condense ainsi deux années de travail. Il donne enfin une forme aboutie à un univers distillé jusqu’ici single après single. Pour un groupe habitué à la logique du titre unique, ce format relève d’une déclaration d’intention.

« Pandemonium », un clip pour ouvrir un nouveau chapitre

C’est également le 10 juillet que sera dévoilé le clip de « Pandemonium », annoncé comme le prochain temps fort visuel du projet. Le titre intrigue d’ailleurs : « pandémonium » désigne littéralement le lieu de tous les démons. Il laisse deviner une facette plus intense d’un groupe plutôt associé, jusqu’ici, à la douceur mélancolique.

L’image occupe une place centrale dans la stratégie de Pamela. Les clips de « Skin Contact » et de « Better Than Before » ont accompagné chaque étape de son ascension. Leur soin esthétique doit d’ailleurs beaucoup au double bagage de Sarah Ellen, passée par le mannequinat et la télévision. Chez ce duo, rien n’est laissé au hasard. Chaque sortie s’accompagne en effet d’un objet visuel pensé comme un prolongement du morceau.

En faisant coïncider clip et EP, le groupe orchestre ainsi un moment de bascule. La fin du teasing, le début de l’œuvre constituée.

Une scène australienne en pleine effervescence

L’émergence de Pamela. s’inscrit dans un contexte plus large : celui d’une scène australienne qui n’a jamais autant exporté. De Tame Impala à Courtney Barnett en passant par Dope Lemon, les artistes du pays-continent brillent à l’international. Ils ont conquis une place de choix dans le paysage indie mondial. Les festivals européens leur déroulent le tapis rouge. Les labels internationaux scrutent par ailleurs Sydney et Melbourne avec attention.

Dans cet écosystème dynamique, le duo occupe une position singulière. Ni psychédélisme ni rock garage : Pamela. propose une alt-pop épurée, presque cinématographique. Cette singularité constitue un élément de différenciation à l’international.

Le soutien conjoint d’EMI Music Australia et d’Universal Music Australia témoigne en tout cas d’une stratégie ambitieuse. Elle se pense au-delà du marché domestique. Les premières dates européennes du duo, de Brighton à Paris, en sont d’ailleurs la traduction concrète.

Des singles remarqués et une ascension express

Le single « Skin Contact » a constitué un premier palier décisif. Le titre a retenu l’attention des médias spécialisés et installé le duo sur les radars des programmateurs. « Chain Reaction » a ensuite confirmé l’essai. « Better Than Before » a recueilli pour sa part des critiques élogieuses, saluant une pop mélancolique mais tournée vers l’avant.

Sur le terrain du live, l’ascension est tout aussi rapide. En première partie de Dope Lemon, le duo s’est produit dans des salles majeures du circuit australien. L’Enmore Theatre de Sydney figure notamment parmi elles. Une exposition précieuse auprès d’un public indie déjà conquis par l’univers laid-back du projet d’Angus Stone.

Cette progression méthodique rappelle celle d’autres duos devenus des valeurs sûres. La suite se jouera précisément sur des rendez-vous comme celui du Bus Palladium. Autrement dit, des concerts à l’étranger, devant un public à convaincre de zéro.

The Great Escape, premières dates internationales

Le duo a déjà éprouvé cette situation en mai dernier. À l’occasion du festival The Great Escape de Brighton, Pamela. a donné ses deux premiers concerts hors d’Australie. Deux showcases qui ont marqué l’expansion internationale du projet.

Le choix de ce festival n’a rien d’anodin. The Great Escape fait figure de tremplin pour les artistes émergents visant le marché européen. Chaque année, les professionnels du secteur y scrutent en effet la relève mondiale. Y être programmé constitue donc un signal fort adressé à l’industrie.

La venue du duo à Paris s’inscrit dans cette même logique de conquête. Après Brighton, la capitale française représente donc une nouvelle étape stratégique. L’ambition du groupe dépasse désormais largement les frontières australiennes.

Le Bus Palladium, écrin d’un retour parisien

Pour son premier rendez-vous parisien, Pamela. bénéficie d’un cadre chargé d’histoire. Le Bus Palladium, temple du rock niché rue Fontaine à Pigalle, a rouvert au printemps 2026. Quatre ans de silence auront précédé cette renaissance. Le lieu mythique fut fréquenté en son temps par Serge Gainsbourg ou Mick Jagger. Il renaît aujourd’hui sous une forme hybride : club, hôtel et espace culturel.

La direction artistique du lieu a été confiée à Caroline de Maigret. Lionel Bensemoun, figure des nuits parisiennes, orchestre pour sa part la programmation nocturne. L’ambition affichée : renouer avec l’ADN rock de la salle, selon la programmation officielle du lieu. Concerts, DJ sets et performances s’y enchaînent désormais.

Inauguré en 1965, le Bus Palladium a traversé toutes les époques de la nuit parisienne. Serge Gainsbourg l’a immortalisé dans « Qui est « in », qui est « out » ». Le club a vu défiler des générations de rockeurs avant de fermer en janvier 2022. Cette disparition avait alors provoqué une vague d’émotion bien au-delà de Pigalle. Le cabinet d’architecture Studio KO a orchestré sa renaissance. Le lieu combine désormais une salle de concert, un hôtel de 35 chambres et des espaces d’exposition.

Accueillir un jeune duo australien en pleine ascension s’inscrit pleinement dans cette promesse. Le jeudi 9 juillet, Pamela. offrira ainsi au public parisien une avant-première des titres d’It’s Nice To See You Here. La configuration intimiste de la salle se prête à ce répertoire.

Un premier concert parisien à forte valeur symbolique

Jouer à Paris la veille de la sortie de son premier EP : la coïncidence de calendrier a valeur de symbole. Le groupe est en pleine construction de son récit international. La date du 9 juillet fonctionne ainsi comme une répétition générale grandeur nature. Le public parisien est réputé exigeant. De plus, la réouverture de la salle concentre l’attention des médias culturels.

Pour le public, l’occasion est tout aussi rare. Assister à un concert à ce stade du développement d’un groupe reste en effet un moment recherché des amateurs de découvertes. En Australie, ses prestations scéniques sont décrites comme immersives par la presse locale. Elles ont forgé la réputation du duo et convaincu les professionnels de l’industrie.

Un été décisif pour le duo de Sydney

Concert parisien le 9, EP et clip le 10 : Pamela. joue une partie importante de son avenir européen cette semaine. Le duo aborde en effet cette étape avec des acquis concrets : un répertoire constitué, un récit identifiable et le soutien de l’industrie.

Reste au public français à découvrir sur scène ce que la presse anglo-saxonne décrit depuis des mois. À savoir, un groupe qui préfère la justesse à la démesure. Les informations et l’actualité du duo sont à retrouver sur son site officiel. Rendez-vous rue Fontaine.

La rédaction.


Source:

www.rollingstone.fr

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