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Le vaisseau Pink Floyd 12 : Opus – Spécial Pink Floyd

Si aujourd’hui Pink Floyd fait incontestablement partie des groupes majeurs de l’histoire du rock et a conquis un nouveau public, ce n’était pas le cas en 1988 : le nom reste associé à un côté kitsch voire ringard, et il est honni par les punks. Libéré trois ans auparavant par le départ de son tyrannique leader Roger Waters, le groupe, réduit à un trio (Gilmour, Mason, Wright), a pris un nouveau départ avec un disque en 1987 et une tournée mondiale en 1988, dont la démesure impressionne et déconcerte : le côté commercial ne prendrait-il pas le pas sur l’aspect artistique ?

Juste avant les deux concerts à Versailles, les 21 et 22 juillet, Alain Dister nous invite à une rétrospective dans les albums de Pink Floyd et ses invités s’interrogent : que reste-t-il, plus de vingt ans après, du groupe psychédélique animé par Syd Barrett, qui, devenu fou et débarqué après le premier album, commence alors à faire l’objet d’un culte ? Que vient voir le public en concert : le Pink Floyd de Waters, le « nouveau » Pink Floyd, ou celui de Barrett ?

Opus – Spécial Pink Floyd. Première diffusion sur France Culture le 18 juin 1988.

L’influence de Pink Floyd dans les années 80

Jean-Daniel Beauvallet remet dans son contexte le retour en grâce de Pink Floyd : « Le mouvement punk a assassiné Pink Floyd en 1977, mais petit à petit, on s’est rendu compte qu’il y avait quand même des choses à prendre dans le groupe, notamment sa première période, avec Syd Barrett. Pas mal de groupes issus de cette scène punk se sont plongés dans le premier album de Pink Floyd puis ceux en solo de Syd Barrett, et y ont trouvé pas mal de choses. The Cure, par exemple, a toujours dit depuis le début que c’était un des groupes qui les avaient le plus marqués, et Jesus and the Mary Chain, un acteur important de la nouvelle scène anglaise, cite souvent Syd Barrett comme référence. »

Pink Floyd et la musique contemporaine

Jean-Yves Bosseur avoue : « J’étais beaucoup plus attiré par les rockers purs et durs, de Little Richard à Elvis Presley, puis les Stones et Jimi Hendrix, que par Pink Floyd. Le groupe utilise des effets qui nous rappellent beaucoup certaines musiques électro-acoustiques issues de Stockhausen ou Berio, mais alors je préfère les originaux. Les groupes de l’époque psychédélique étaient très à l’écoute de la musique contemporaine, Pink Floyd aussi, mais il n’y a pas vraiment eu de collaboration ; quelquefois des emprunts, mais pas beaucoup d’échanges. »

Le Pink Floyd de Waters ou celui de Gilmour ?

En juin 1988, la justice n’a pas encore tranché le litige opposant Roger Waters à David Gilmour à propos du leadership artistique de Pink Floyd, sur un plan moral et esthétique, mais Jean-Marie Leduc a son opinion sur le sujet : « Comme le dit Waters, Ringo Starr et George Harrison ne pourraient pas reformer les Beatles, c’est impossible. Il y a quelque chose d’éteint, mais finalement, c’est le problème du temps qui passe sur une carrière d’artiste : est-ce que, parce que l’artiste a perdu sa fraîcheur, sa fulgurance initiale, on doit le condamner, alors qu’il continue à sensibiliser très fort de nouveaux fans ? »

Programmation musicale – Extraits de : Astronomy Domine ; Bike ; Interstellar Overdrive ; Arnold Layne ; See Emily Play ; Remember a Day ; The Nile Song ; If ; Fearless ; Atom Heart Mother ; Ummagumma ; Careful with That Axe, Eugene ; Breathe ; Money ; The Dark Side Of The Moon ; Brain Damage ; Shine On You Crazy Diamond ; Dogs ; Another Brick In the Wall, Part 2 ; The Final Cut

Par Alain DisterRéalisation Annie FlavellAvec Jean-Marie Leduc, Jean-Daniel Beauvallet et Gérard Bar-David (journalistes), Jean-Yves Bosseur (compositeur, musicologue et écrivain), et une interview de David Gilmour (guitariste et chanteur)En archives extrait de l’une des premières interviews de Pink Floyd (début 1967) pour la CBC (Canadian Broadcasting Corporation)Avec des extraits d’albums de Pink FloydOpus – Spécial Pink Floyd (1ère diffusion : 18/06/1988)Edition web : Valérie Ernould, Documentation de Radio FranceArchive Ina / Radio France


Source:

www.radiofrance.fr

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