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Carole Roussopoulos (1945-2009), caméra révoltée

« Nous sommes une sorte de contradiction interne à la société. Comme les autres nous naissons de la famille hétérosexuelle bourgeoise avec son système d’éducation. Les femmes élevées en vue de la procréation, et les hommes pour être des mâles inséminateurs phallocrates ».

1971, dans un amphithéâtre des Beaux-Arts de Paris ou de l’Université de Vincennes. Dans l’effervescence qui suit Mai 68, les AG du FHAR sont hautes en couleur et en verbe. Si cette archive d’Anne-Marie Grélois existe, c’est grâce à Carole Roussopoulos, qui l’a immortalisée avec son Portapak. Cette séquence, devenue relativement culte, fait partie de ces nombreux extraits des vidéos de Carole Roussopoulos aperçus ou entendus ici et là au détour d’une exposition, d’une émission de radio, d’un documentaire ou d’un film expérimental. Souvent, on a pu les voir sans forcément faire le lien avec leur autrice.

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Nicole Fernandez-Ferrer devant le cinéma l’Entrepôt – © Camille Desombre

Ses films en compagnie de Delphine Seyrig et du collectif Les Insoumuses sont sans doute ses travaux les plus célèbres et les plus diffusés. Pourtant, l’œuvre de Carole Roussopoulos compte plus d’une centaine de films. Dans les années 70, avec son mari Paul Roussopoulos, la vidéaste a documenté des dizaines de luttes, parmi lesquels les grèves de LIP, la libération de la Palestine, le soutien aux Black Panthers, le combat contre l’inceste et les violences sexuelles, la lutte pour l’avortement, et bien d’autres encore.

Issue d’un milieu conservateur du Valais suisse, fille d’un banquier, Carole Roussopoulos, accompagnée de Paul, s’est emparée de la vidéo légère dans une optique de solidarité à la fois combattive et joyeuse. Toute au long de sa carrière et jusqu’à sa mort précoce en 2009, elle aura fait de sa caméra le porte-voix des « sans-voix », comme elle les appelait.

Nicole Fernandez-Ferrer devant la Villa Seurat ouvrir crédits photo
Nicole Fernandez-Ferrer devant la Villa Seurat – © Camille Desombre

Pour en parler

Jean-Paul Fargier, réalisateur et théoricien du cinémaHélène Fleckinger, historienne du cinémaRose Murray, chercheuse en lettres et cinémaCallisto McNulty, réalisatrice et petite-fille de Carole RoussopoulosEmmanuelle de Riedmatten, réalisatrice et cousine éloignée de Carole RoussopoulosNicole Fernandez-Ferrer, présidente du Centre Audiovisuel Simone de Beauvoir

Remerciements

L’auteur souhaite remercier l’Université Paris VIII, la Cinémathèque et le Cinéma l’Entrepôt pour leur accueil, ainsi que Brigitte Fontaine, Alexandra Roussopoulos, Monique Piton, Giovanna Zapperi, Patrick Prado, Thomas Laval et Lila Boses pour leurs éclairages et conseils précieux.

Bibliographie

Hélène Fleckinger (éd), Carole Roussopoulos : Caméra militante. Luttes de libération des années 1970 (éditions MētisPresses, 2010)

Archives

Carole Roussopoulos dans l’émission Surpris par la nuit sur France Culture, 2006Carole Roussopoulos dans l’émission Nuits magnétiques sur France Culture, 1992

Autres sons

Carole Roussopoulos, Monique – LIP I, 1973Carole Roussopoulos, Christiane et Monique – LIP V, 1976Carole Roussopoulos, Kathleen Cleaver, New York Décembre 1971, 1971Carole Roussopoulos, Genet parle d’Angela Davis, 1970Carole Roussopoulos, Le FHAR, 1971Carole Roussopoulos, Les prostituées de Lyon parlent, 1975Carole Roussopoulos, Y a qu’à pas baiser, 1971Carole Roussopoulos, Ioana Wieder, Delphine Seyrig et Nadja Ringart, Maso et Miso vont en bateau, 1976Carole Roussopoulos et Delphine Seyrig, S.C.U.M. Manifesto, 1976Carole Roussopoulos, L’Inceste, la conspiration des oreilles bouchées, 1988

Générique

Un documentaire de Camille Desombre, réalisé par Gilles Blanchard. Prises de son, Michel Gacic. Mixage, Pierre Lemaire. Documentation Ina, Arnaud Plançon. Coordination, Emmanuel Laurentin. Chargée de programme et édition web, Sandrine Chapron.


Source:

www.radiofrance.fr

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