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Surfshark ou ExpressVPN : quel VPN choisir pour sécuriser ses achats en ligne ?

Sur le papier, Surfshark et ExpressVPN répondent au même besoin : éviter que la connexion ne devienne le maillon faible au moment d’acheter en ligne. Dans les faits, les deux services ne jouent pas exactement la même partition. Surfshark ressemble davantage à une suite de sécurité compacte, pensée pour couvrir plusieurs risques du quotidien numérique. ExpressVPN, lui, reste plus centré sur le cœur du VPN : réseau, confidentialité, stabilité, audits.

Et cette nuance compte. Car un achat en ligne ne se limite pas au chiffrement du paiement. Il y a l’adresse e-mail qu’on laisse à un site marchand peu connu, le mot de passe réutilisé un peu trop vite, le faux bon de réduction reçu par SMS, ou encore le Wi-Fi d’hôtel sur lequel on commande un billet de train à la dernière minute. Un VPN ne règle pas tout, loin de là. Mais il peut réduire une partie de l’exposition.

Surfshark : l’approche « boîte à outils » pour les acheteurs prudents

Surfshark mise d’abord sur une promesse assez simple : protéger plusieurs usages, pas seulement la connexion. Son offre VPN annonce plus de 4 500 serveurs dans plus de 100 pays, des serveurs fonctionnant uniquement en RAM et une utilisation sur un nombre illimité d’appareils avec un même abonnement. Pour un foyer où chacun commande depuis son smartphone, son ordinateur ou sa tablette, ce dernier point n’est pas un détail.

Le chiffrement de la connexion reste évidemment la base. Sur un Wi-Fi public, par exemple dans une gare ou un café, le VPN crée un tunnel entre l’appareil et le serveur VPN. Cela ne rend pas l’utilisateur invincible, mais cela complique sérieusement l’interception de données en clair. Là où Surfshark devient plus intéressant, c’est dans les fonctions périphériques.

Son outil Alternative ID permet de générer une identité numérique de substitution, avec notamment une adresse e-mail masquée. L’intérêt est très concret : s’inscrire sur une boutique inconnue sans donner immédiatement son adresse principale, éviter une partie du spam, et limiter les dégâts si la base client du site finit dans la nature. Surfshark indique que son Alternative Email sert justement à masquer l’adresse réelle lors des inscriptions et newsletters.

Autre brique utile : Surfshark Antivirus, intégré à l’offre Surfshark One. Ce n’est pas anodin, car beaucoup d’arnaques liées au shopping ne passent pas par le paiement lui-même. Elles arrivent avant : faux fichier de suivi de colis, pièce jointe piégée, coupon de réduction douteux, extension navigateur qui promet de comparer les prix mais aspire surtout les données. Surfshark rappelle d’ailleurs qu’un VPN et un antivirus ne couvrent pas les mêmes risques : le premier protège surtout la connexion et la confidentialité, le second intervient contre les logiciels malveillants présents sur l’appareil.

Sur ce point, on dispose aussi d’un repère indépendant. Lors du test AV-TEST de juin 2025 sur Windows, Surfshark Antivirus 5.15/5.16 a obtenu la certification, avec 6/6 en protection, 5,5/6 en performance et 5,5/6 en utilisabilité. Ce n’est pas un blanc-seing absolu, mais cela donne au moins une indication mesurée, loin des slogans habituels.

Reste la question des journaux de connexion. Surfshark affirme appliquer une politique de non-conservation des logs d’activité. Cette affirmation a été vérifiée par Deloitte, selon Surfshark, lors d’une assurance indépendante publiée en 2025. Là encore, il faut lire cela avec précision : un audit ne transforme pas un service en coffre-fort magique, mais il apporte un niveau de vérification supérieur à une simple déclaration marketing.

ExpressVPN : moins dispersé, plus concentré sur l’infrastructure

ExpressVPN donne une impression différente. Le service cherche moins à empiler les fonctions annexes qu’à rassurer sur son architecture VPN. Son argument central tient en quelques éléments : protocole maison, serveurs en RAM, politique no-log auditée, et réseau réputé stable.

Le protocole Lightway, développé par ExpressVPN, vise à réduire les temps de connexion tout en maintenant un niveau de sécurité élevé. Un audit Cure53 publié par ExpressVPN en 2023 a conclu que Lightway se trouvait dans un “très bon état de sécurité”, selon la formulation reprise par l’éditeur. Pour un usage quotidien, l’intérêt se voit surtout dans les moments banals : changer de réseau entre la 4G et le Wi-Fi, valider un paiement sans attendre trente secondes, rouvrir son ordinateur et retrouver une connexion VPN active rapidement.

ExpressVPN met aussi en avant sa technologie TrustedServer. Le principe : les serveurs tournent uniquement en RAM, sans écriture permanente sur disque dur, avec effacement des données à chaque redémarrage et réinstallation de la pile logicielle au démarrage. Ce type d’architecture réduit le risque qu’un serveur conserve des traces exploitables longtemps après une session.

La politique de confidentialité a également été auditée. En 2025, ExpressVPN a annoncé une évaluation menée par KPMG sur son système TrustedServer et ses déclarations de confidentialité au 28 février 2025. Le service mentionne aussi des audits précédents réalisés par KPMG, PwC et Cure53 autour de sa politique no-log.

ExpressVPN ajoute désormais ExpressKeys, son gestionnaire de mots de passe, anciennement connu sous le nom ExpressVPN Keys. L’outil stocke mots de passe, cartes et notes dans un coffre chiffré, avec remplissage automatique sur mobile et navigateur. Pour les achats en ligne, c’est presque plus important qu’on ne l’imagine : le vrai risque n’est pas toujours le pirate sur le réseau Wi-Fi, mais le mot de passe recyclé depuis 2018 sur trois boutiques, deux forums et un vieux compte de livraison.

Ce qu’un VPN protège vraiment lors d’un achat en ligne

Il faut garder une limite en tête : un VPN ne sécurise pas un site frauduleux. Si l’utilisateur saisit ses coordonnées bancaires sur une fausse page imitant une enseigne connue, le tunnel chiffré ne changera rien au problème. Il protège le transport des données, pas la fiabilité du destinataire.

En revanche, il devient pertinent dans plusieurs cas très courants. Commander depuis un Wi-Fi public. Éviter que l’adresse IP réelle serve trop facilement au suivi publicitaire. Réduire les risques liés à certains réseaux mal configurés. Ou encore empêcher un fournisseur d’accès de voir précisément les domaines consultés, même si le site marchand lui-même conserve évidemment ses propres données de commande.

C’est pour cela qu’il faut regarder Surfshark et ExpressVPN comme deux réponses différentes à un même usage.

Surfshark conviendra davantage à ceux qui veulent une protection large, facile à déployer sur tous les appareils de la maison, avec des fonctions pratiques autour de l’e-mail masqué, de la surveillance des fuites et de l’antivirus. Ce n’est pas seulement un VPN ; c’est plutôt une couche de sécurité généraliste, utile pour les achats, les inscriptions rapides, les comptes secondaires, les promotions saisonnières qui demandent toujours un e-mail de plus.

ExpressVPN s’adresse plutôt aux utilisateurs qui privilégient la solidité de l’infrastructure VPN, les audits de confidentialité, la stabilité de connexion et un gestionnaire de mots de passe intégré à l’écosystème. Moins “suite tout-en-un” dans l’esprit, mais plus focalisé sur la confidentialité réseau et la fiabilité.

Alors, lequel choisir ?

Pour une famille, ou pour quelqu’un qui multiplie les comptes marchands, Surfshark garde un avantage pratique : appareils illimités, Alternative ID, antivirus dans Surfshark One, surveillance des fuites. C’est une solution assez cohérente pour nettoyer un peu son hygiène numérique sans devoir assembler quatre outils différents.

Pour un utilisateur plus exigeant sur la confidentialité pure, ExpressVPN reste très solide. TrustedServer, Lightway, audits réguliers, ExpressKeys : l’ensemble donne une impression plus technique, plus resserrée, avec une attention particulière portée à l’infrastructure.

Le choix ne se fait donc pas seulement sur le prix ou la vitesse. Pour les achats en ligne, la vraie question est plutôt celle-ci : veut-on une protection globale contre les petits risques du quotidien numérique, ou un VPN très robuste, centré sur la confidentialité et la stabilité ? Surfshark répond mieux au premier scénario. ExpressVPN au second. Et dans les deux cas, le VPN ne dispense pas des bons réflexes : vérifier l’adresse du site, activer la double authentification, utiliser des mots de passe uniques et se méfier des offres qui semblent un peu trop parfaites.


Source:

www.zdnet.fr

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