« L’idéal pour une mise en scène ? Que les spectateurs déclarent en sortant du spectacle : “Les chanteurs ont été formidables.” » Confiés au Monde en décembre 1988, ces propos illustrent la profession de foi du metteur en scène d’opéra français Pierre Strosser, qui aura marqué son temps avec des spectacles forts comme Pelléas et Mélisande, de Debussy, à l’Opéra de Lyon ou le Ring, de Wagner, au Théâtre du Châtelet sous le flamboyant mandat de Stéphane Lissner (1988-1997). Cet homme passionné mais discret, qui s’était retiré depuis une vingtaine d’années, est mort à Paris le 16 avril, à l’âge de 82 ans, loin de Musloch (Haut-Rhin), dans le Val d’Argent, où il résidait depuis très longtemps.
Les hasards de la guerre font que Pierre Strosser était né allemand, à Saint-Louis (frontière entre la France, l’Allemagne et la Suisse), le 25 mai 1943, dans une famille assez modeste. Cet autodidacte étudie néanmoins à l’Ecole du Théâtre national de Strasbourg (TNS), avant de sortir du bois en 1974 avec L’Infedelta delusa, de Haydn, montée à l’Opéra national du Rhin, où il occupe alors le poste de directeur de la scène. Plus tard, il reviendra au TNS pour y enseigner.
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