Quelques jours après son déjeuner avec Jordan Bardella, le président du Medef, Patrick Martin réaffirme sa volonté de dialoguer avec l’ensemble des forces politiques. Pour le patron des patrons, les lignes rouges seront dressées sur la base des programmes économiques des candidats.
En matière de politique, le Medef n’a pas de ligne rouge. C’est en substance le message transmis par Patrick Martin, le président de l’organisation patronale, sur l’antenne de Radio Classique ce jeudi 23 avril.
Le Mouvement des entreprises de France a lancé une série d’invitations aux chefs de partis afin de prendre le pouls de leur programme économique, à un an du scrutin présidentiel. Tous sont concernés, y compris Jordan Bardella. Le président du Rassemblement national (RN) a été reçu ce lundi, dans ce qui ressemble à une opération séduction à destination du patronat. En amont, le président de la Maif, Yves Pellicier, avait exprimé son désaccord, rappelant que « le risque politique [lié à une arrivée au pouvoir de l’extrême droite] est aujourd’hui majeur ».
« On traite tous les chefs de partis sur un pied d’égalité, répond le patron des patrons. Ce n’est pas le Medef qui a porté le RN à 35% du corps électoral. Nous sommes en démocratie et ce parti est reconnu. »
L’illustration d’une forme de banalisation du RN? Pour Patrick Martin, cette rencontre « n’est en aucun cas un signal » de rapprochement avec le parti.
Le parti de Marine Le Pen est ouvertement engagé dans un travail de séduction des hautes sphères du monde économique depuis plusieurs années, à la quête d’une validation perçue comme un prérequis à l’accession au pouvoir. Début avril, la présidente du parti rencontrait un groupe de grands patrons, dont Bernard Arnault (LVMH) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies), ainsi que ceux d’Accor, Engie ou Renault dans un restaurant chic du IIe arrondissement de Paris.
Pour le Medef, la crédibilité du RN sur les sujets économiques reste à démontrer
Lors des deux scrutins présidentiels précédents, le Medef avait appelé à voter contre Marine Le Pen au deuxième tour. En 2022, son ancien patron, Geoffroy Roux de Bézieux, avait justifié ce choix par les lacunes qu’il attribuait à son projet économique, « qui conduirait le pays à décrocher par rapport à ses voisins et à le mettre en marge de l’Union européenne ». Vingt ans plus tôt, quand Jean-Marie Le Pen s’était retrouvé aux portes de la présidente, l’organisation avait appelé à voter pour son concurrent, Jacques Chirac.
« La campagne présidentielle va commencer et, le jour venu, le Medef dira de quel côté penche son cœur et sa raison », a poursuivi Patrick Martin, qui donne rendez-vous aux Rencontres des entrepreneurs de France qui se tiennent chaque été à Roland-Garros. « On s’exprimera là-bas ».
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