Il fallait être une fanm djok – une « femme forte » en créole, figure archétypale de la société guyanaise matrifocale – pour se frayer un chemin professionnel comme celui de Lucia Withnel. Aujourd’hui, le bureau qu’occupe cette agente administrative, en poste depuis 1999 au rectorat de Guyane, porte la trace de son enracinement profond dans sa profession : plantes vertes, citations affichées au mur comme des mantras, tableau de liège constellé de messages de soutien et de remerciements…
Mais pour cette personne malentendante à 81 % depuis son adolescence, le chemin a été long. « J’ai mis du temps à assumer mon handicap et cela m’a freinée dans ma carrière », estime-t-elle. Sa collègue Maryse Valence-Leuilly, une « ancienne » comme elle de l’académie de Guyane, lui apporte du thé tous les matins, accompagné d’une petite douceur. « Cela fait plus de vingt ans que je travaille ici, je m’y sens bien, j’ai mes repères et mes habitudes. Tout le monde me connaît et pense à moi », sourit la coquette quinquagénaire dont la joie de vivre est communicative.
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