Avec les attaques verbales du président américain et de son vice-président contre Léon XIV, premier pape de l’histoire né aux Etats-Unis, la « question catholique » se rouvre en Amérique et interroge sur la légitimité politique de l’action du Vatican sur la scène mondiale autant que sur les répercussions de celle-ci sur les catholiques.
Le catholicisme a fini par se faire une place aux Etats-Unis, jusqu’à devenir un élément majeur de l’American dream. Courant minoritaire dans une société à majorité protestante, il a connu un succès sans véritable équivalent parmi les autres religions arrivées avec l’immigration. C’est ce destin qui conduit certains catholiques américains à accepter aveuglément, voire à considérer comme faisant partie du plan de Dieu, l’idée que les Etats-Unis sont un pays « exceptionnel », où le catholicisme est amené à jouer un rôle central.
Le catholicisme a beau afficher une remarquable vitalité aux Etats-Unis, il est traversé par de profondes divisions internes qui reflètent la polarisation de la société américaine, et se sont exprimées avec force à l’arrivée du trumpisme en 2015. Depuis, les Etats-Unis et le catholicisme américain vivent tous deux une phase critique pour leur identité, fragilisée sur la scène nationale autant que mondiale, politique et religieuse. Le « Make America Great Again » remet en question le projet national américain et redéfinit le rôle du catholicisme dans le pays. Si les trajectoires des Etats-Unis et du catholicisme américain ne sont pas nécessairement identiques, elles sont interdépendantes et suscitent des conflits internes similaires.
Une harmonie rompue
L’élection en 2025 d’un pape américain est survenue à une période singulière des rapports entre religion et politique aux Etats-Unis : dix ans après la naissance du trumpisme, au paroxysme des tensions entre les mouvements MAGA et « woke ». L’Amérique est un acte de foi, et le MAGA est une réponse à un athéisme radical, à la crise de foi d’une Amérique qui doute d’elle-même – de ses mythes fondateurs, de son histoire et de ses promesses.
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Source:
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