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Le divorce le plus cher de l'histoire: un milliardaire de la tech coréen condamné à verser 540 millions d'euros à son ex-femme, en reconnaissance de son travail domestique

Le patron du mastodonte sud-coréen SK Group, Chey Tae-won, a été condamné à verser 566 millions d’euros à son ex-épouse pour solder un très médiatique divorce. Une somme record, à l’image de la fortune de ce magnat des semi-conducteurs, qui a vu la valorisation de sa firme exploser grâce à l’essor de l’intelligence artificielle. L’affaire déchaîne la chronique en Corée du Sud depuis dix ans, autour de la question du coût du travail domestique.

Chey Tae-won connaît un mois de juillet agité. Il y a deux semaines, SK Hynix, le groupe de puces électroniques sud-coréen qu’il dirige, s’introduisait en bourse à Wall Street et levait au passage 26,5 milliards de dollars. Une somme à la hauteur de l’engouement suscité par les fabricants de mémoire pour faire tourner les logiciels d’intelligence artificielle (IA). Quelques semaines plus tôt, la capitalisation boursière du groupe qui fournit notamment le champion américain des semi-conducteurs Nvidia dépassait les 1.000 milliards de dollars à la Bourse de Séoul.

Mais l’heure n’est pas aux réjouissances. Car cette semaine, l’homme qui valait 5 milliards a été condamné par la Haute Cour de Séoul à verser plus de 566 millions d’euros à son ex-femme Roh Soh-yeong. Les Coréens se passionnent depuis maintenant 10 ans pour cette affaire qu’ils qualifient de « divorce du siècle », tant elle mêle intrigues privées, enjeux d’argent et questions de société.

Le couple le plus puissant du pays

Retour en arrière. Quand Chey Tae-won et Roh Soh-yeong se marient en 1988, ils ne scellent pas uniquement leur amour, mais une union entre deux puissantes familles coréennes. Le père du jeune Tae-won est alors le patron du chaebol Sunkyung, l’un des plus gros conglomérats du pays; celui de Soh-yeong n’est autre que le fraîchement élu président de la République. Sunkyung deviendra SK Group, que sa filiale productrice de puces mémoires, SK Hynix, hissera au rang de deuxième plus gros conglomérat – ou chaebol – du pays, derrière Samsung.

La rupture s’amorce en 2015 lorsque l’homme d’affaires rend publique sa relation extraconjugale avec une autre femme, avant d’engager une procédure de divorce en 2017. Après un refus initial, son épouse, directrice du Centre d’art Nabi à Séoul, réclame 42,29% des parts détenues par son mari dans SK.

Combien de millions vaut le « travail au foyer » ?

Au-delà du préjudice moral, Roh Soh-yeong fait valoir le fait que les soutiens politiques et les fonds apportés par son père, décédé depuis, dans les années 1990 ont servi de tremplin décisif à l’expansion de SK. En outre, la dirigeante met en avant son rôle de mère et de gestionnaire du foyer pendant 35 ans, affirmant que ce support logistique et familial a permis à son époux de se consacrer à la gestion et au développement du conglomérat. Pour elle, la valeur des actions et du patrimoine de SK Group constitue un bien commun sujet à répartition.

En décembre 2022, la justice valide en première instance le divorce et condamne le chef d’entreprise à verser l’équivalent de 46 millions d’euros au titre du partage des biens, assorti d’une pension alimentaire de 69.000 euros. La décision suscite alors d’intenses débats dans une société sud-coréenne structurée par les valeurs patriarcales: cette somme équivaut à peine à 1% du pactole de Chey Tae-won, en dépit d’une jurisprudence qui reconnaît désormais le « travail au foyer » d’une conjointe comme une contribution cruciale au mariage.

« J’ai l’impression que toute ma vie a été complètement niée (…) alors que j’ai élevé trois enfants pendant les 34 ans de notre mariage et que j’ai aidé mon mari à la maison et ailleurs », avait alors réagi Chey Tae-won.

La plus grande indemnité de divorce de l’histoire coréenne

Presque quatre ans plus tard, ce vendredi 24 juillet, le chef d’entreprise a finalement été sommé par la cour d’appel de Séoul de verser à son ex-compagne 12% de sa fortune, soit 566 millions d’euros. Une somme presque 15 fois supérieure à celle décidée en première instance, tant le pactole de Chey Tae-won a grandi avec l’essor de l’intelligence artificielle. La valorisation de SK Hynix a ainsi bondi d’environ 2.500% depuis sa demande de divorce en 2017, note le Financial Times.

Jensen Huang, à droite, PDG de NVIDIA, et Chey Tae-won, à gauche, président de SK Group, se serrent la main à l’issue d’un point presse sur la coopération dans l’IA et les semi-conducteurs au bâtiment SK Seorin à Séoul, en Corée du Sud, le 8 juin 2026. © Chris Jung

Roh Soh-yeong « a contribué à cette augmentation par son travail au foyer, la garde des enfants, et ses activités publiques liées à SK Group », a déclaré le tribunal.

« Nous avons tenu compte de la forte hausse du cours de l’action de SK lors de la détermination du règlement afin d’assurer une répartition équitable des biens matrimoniaux du couple. »

La somme est encore loin de ce que réclamait Roh Soh-yeong. Elle reste néanmoins la plus grande indemnité de divorce jamais versée en Corée du Sud, note le Financial Times. Elle ne devrait pourtant pas avoir d’impact sur le contrôle du groupe par Chey Tae-won, dont les avocats ont déclaré qu’ils « décideraient de faire appel ou non après avoir examiné la décision ». Les avocats de Roh n’ont fait aucun commentaire.


Source:

www.bfmtv.com

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