Pascal Lorot, président de l’Institut Choiseul, publie un ouvrage qui interroge la trajectoire des relations franco-africaines. Dans Adieu Afrique. Histoire d’une rupture fatale, il décrypte les causes profondes du divorce entre la France et l’Afrique, et souligne que la période dominée par la Françafrique appartient désormais au passé. L’auteur juge toutefois que la disparition de ce modèle n’a pas été accompagnée d’une stratégie de remplacement.
Le diagnostic proposé met en avant un double phénomène au sein des élites françaises : une posture de repentance conjuguée à des attitudes paternalistes à l’égard des pays africains. Selon l’analyse de l’auteur, ce mélange a contribué à fragiliser les relations traditionnelles et à créer un hiatus entre intentions politiques et attentes des sociétés africaines. L’ouvrage resitue cette évolution dans le cadre plus large des transformations post‑coloniales et des recompositions géopolitiques contemporaines.
Face à cette situation, l’auteur prône une refondation des liens, fondée sur des principes clairs : égalité de statut, respect des souverainetés et redéfinition des coopérations économiques et sécuritaires. Le livre appelle à sortir des postures symboliques pour construire des partenariats concrets répondant aux priorités exprimées par les États et les sociétés africaines. Ce propos soulève des enjeux concrets pour la politique étrangère française et pour les acteurs privés engagés sur le continent.
Le débat initié par ce travail s’inscrit dans une réflexion plus large sur l’avenir des relations internationales impliquant les pays francophones et au-delà. En mettant en lumière les insuffisances d’un héritage désormais critiqué, l’auteur espère alimenter une discussion publique sur les orientations à adopter. L’ouvrage vise à nourrir les décisions politiques et les dynamiques de coopération qui déterminent la place de la France en Afrique au XXIe siècle.


