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Grand Corps Malade : un chroniqueur de Cyril Hanouna perd son procès contre le chanteur

La Cour de cassation a tranché en faveur de Grand Corps Malade ce mercredi 24 juin 2026, invalidant la décision qui contraignait le chanteur à retirer de sa chanson Des gens beaux un extrait de 33 secondes reproduisant des propos sexistes tenus par Fabien Lecœuvre à l’encontre de la chanteuse Hoshi. 

Le journaliste, spécialiste de la chanson française et habitué des plateaux de Cyril Hanouna depuis qu’il officie en tant que chroniqueur, avait assigné en justice la société de production de l’artiste ainsi que son label Universal Music France en 2023, estimant que l’utilisation de sa voix sans son consentement constituait une atteinte à ses droits. La cour d’appel de Paris lui avait donné raison en octobre 2025, ordonnant la suppression des passages incriminés et condamnant Grand Corps Malade et Universal à 10 000 euros d’amende pour préjudice moral. La haute juridiction vient donc d’aller dans un sens contraire, au nom du « débat d’intérêt général », en cassant cette condamnation et en renvoyant l’affaire devant la cour d’appel de Paris pour un nouvel examen comme l’indique le Parisien. 

Les propos sexistes de Fabien Lecœuvre sur Hoshi au cœur du litige

Tout part de déclarations tenues par Fabien Lecœuvre sur une webradio en 2021. Le journaliste y jugeait la chanteuse Hoshi « effrayante » et lui conseillait de confier ses morceaux « à des filles sublimes ». Des propos qui avaient déclenché un tollé et alimenté une vague de cyberharcèlement dont Hoshi avait directement été victime. 

Face au scandale, Fabien Lecœuvre avait présenté ses excuses publiquement. Mais Grand Corps Malade avait entre-temps fait le choix d’intégrer ces mots dans sa chanson Des gens beaux, parue en septembre 2021, afin de les exposer et les dénoncer. C’est cette utilisation de sa voix sans consentement que le journaliste a fini par contester devant les tribunaux deux ans plus tard, obtenant gain de cause en appel en octobre 2025. 

Le titre avait depuis été retiré des plateformes de streaming. Une situation que la décision de la Cour de cassation vient aujourd’hui remettre en question.

La liberté d’expression l’emporte sur le droit à la voix pour Grand Corps Malade

La Cour de cassation a en effet estimé que la cour d’appel avait commis une erreur en considérant que les déclarations de Fabien Lecœuvre ne s’inscrivaient pas dans le débat d’intérêt général porté par le mouvement MeToo sur la lutte contre le sexisme et les violences sexuelles. 

Selon la haute juridiction, les propos du journaliste avaient « suscité une forte controverse » et portaient « sur un thème social important ». Deux critères suffisants, chacun pris séparément, pour caractériser l’existence d’un tel débat. 

Comme le note le Parisien, les juges doivent arbitrer entre deux principes constitutionnels : le droit au respect de la vie privée, qui inclut la protection de la voix, et la liberté d’expression, en retenant « la solution la plus protectrice de l’intérêt le plus légitime ».

La balance penche donc du côté de Grand Corps Malade à l’heure actuelle. Son avocat devant la Cour de cassation, Me Patrice Spinosi, a salué « une décision de principe pour la liberté de création » et annoncé que le morceau « va pouvoir de nouveau être diffusé ». « Face au droit, la censure a échoué », a-t-il déclaré à l’AFP. Fabien Lecœuvre, contacté par l’agence de presse, n’a pas répondu dans l’immédiat.

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Source:

www.public.fr

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