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Six nations 2026 : qu'est-ce que les Bleues de François Ratier ont changé pour passer proches d'une victoire contre les Anglaises ?

Comme il a tenu à le rappeler, le sélectionneur de l’équipe de France, défaite par les Anglaises dimanche, a dans le viseur la Coupe du monde 2029, même s’il tient à remporter un Tournoi dans un futur proche.


Publié le 18/05/2026 07:00

Temps de lecture : 4min

Pauline Bourdon Sansus, auteure du premier essai de l’équipe de France à Bordeaux, le 17 mai 2026. (GAIZKA IROZ / AFP)

« Sur le cycle, je promets qu’on les battra ». A l’image d’un François Ratier clinique et confiant juste après la rencontre au micro de France Télévisions, l’équipe de France a affiché de belles promesses (28-43) dimanche 17 mai à Bordeaux, à défaut de mettre fin à la série d’invincibilité des Anglaises. Pour l’instant.

Car le coach tricolore, qui vient de diriger son premier Tournoi à la tête des Bleues, a des ambitions et a déjà commencé avec son staff, à installer automatismes et projet de jeu. « On est là où on veut être au niveau de l’avancée, pas au niveau du résultat », a-t-il d’ailleurs ajouté en conférence de presse. Si pour la capitaine Manae Feleu, les yeux rougis et la voix chargée d’émotion, cette 18e défaite de rang des Bleues contre les Red Roses est difficile à avaler, tout n’est pas pour autant à jeter, à l’image de l’arrière toulousaine Pauline Barrat, nommée révélation du Tournoi 2026 ou d’Anaïs Grando, l’ailière clermontoise, cinq essais en cinq capes. « C’est encourageant, il y a des secteurs sur lesquels on peut avoir de la satisfaction sur la construction de notre Tournoi », a d’ailleurs jugé François Ratier.

A commencer par leurs entames de matchs. C’était un des points soulignés par François Ratier avant même le premier choc contre l’Italie : « mieux rentrer dans nos matchs est clairement une de nos intentions », avait-il souligné auprès de franceinfo: sport à la veille du Tournoi. Si le démarrage a été poussif lors des trois premières rencontres, elles ont enfin trouvé la clé contre l’Ecosse en inscrivant un essai dès la première minute par Manae Feleu et quatre de plus durant le premier acte.

Un scénario qu’elles ont reproduit contre des Anglaises prises à la gorge dès les premières minutes. 92% de possession de balle française jusqu’à la 10e minute et une agressivité défensive omniprésente pour arracher les ballons des mains adverses, les Bleues ont suivi à la lettre la demande du staff, à savoir « les faire douter dès le début, pour enrayer la machine, et une fois que c’est fait, taper là où ça fait mal », annonçait François Ratier en donnant sa composition vendredi. Pénalisées et coupables de plusieurs fautes techniques, les Red Roses ont fait le dos rond, encaissant le premier essai de Pauline Bourdon Sansus sans broncher (14e).

Mais le pragmatisme britannique s’est mis en branle : sur cinq pénétrations dans les 22 mètres de l’équipe de France, le XV de la Rose a marqué quatre fois, dimanche, et l’équipe de France n’a pas su gérer ses temps plus faibles. « Il faut qu’on continue à gommer nos erreurs sur les offloads et sans doute qu’on soit plus patientes, a assuré la capitaine tricolore en conférence de presse. Sur ce genre de matchs, ça bascule aussi sur le mental, nos petites erreurs coûtent toujours plus cher contre les championnes du monde », a-t-elle ajouté.

Pourtant, sur le plan mental aussi, les Françaises avaient préparé cette « finale ». S’appuyant sur la fraîcheur d’un groupe largement remanié, et sur l’insouciance de jeunes joueuses, inexpérimentées à l’international mais sans vécu douloureux concernant les Anglaises, elles ont crânement joué leur chance. « On se pose moins de questions, on met beaucoup plus d’engagement, a d’ailleurs constaté Pauline Bourdon Sansus, la plus capée des Bleues avec 76 sélections.

« En défense, on plaque à deux, et le fait d’avoir un peu de jeunesse, un peu de fougue, ça met de l’énergie ».

Pauline Bourdon Sansus

à France Télévisions

Ce que n’a pas manqué de démontrer Léa Murie, sa coéquipière toulousaine, auteure d’un rallye sur son aile, durant lequel elle a éliminé trois Anglaises avant de passer le ballon pour le premier essai du match. « On est sur la bonne voie. Il n’y a plus qu’à repartir au travail en septembre », a ajouté la demi de mêlée dans un sourire.

« Bien sûr qu’on est déçus d’avoir perdu, a rappelé François Ratier. C’est l’équipe de France, on représente notre pays donc si on n’est pas déçus après une défaite, on n’a rien à faire ici. Mais c’est aussi une grosse responsabilité et il est hors de question que les joueuses s’apitoient sur leur sort car elles ont livré une énorme bataille », a développé le technicien français.

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Et malgré le score plus large (43-28), beaucoup ont senti les Françaises plus proches de prendre le dessus sur les championnes du monde que l’an dernier où elles avaient échoué d’un point à Twickenham (43-42). « Elles aussi ont fait des fautes, on les a poussées à la faute mais on n’a pas capitalisé sur deux, trois occasions en première mi-temps », a-t-il ajouté.

Reste à cette nouvelle équipe, dont le jeu orienté davantage sur le contournement que la percussion a bien dérangé l’Angleterre, à régler la mire pour imiter les Bleuettes, victorieuses en U21 (71-17) et en U18 (75-7). « On se sent bien dans ce nouveau projet de jeu, on arrive très bien à exprimer notre rugby », a lâché Manae Feleu. « L’année prochaine, ce sera différent », a aussi promis la deuxième ligne Madoussou Fall-Raclot, qui fêtait sa 50e sélection sous le maillot tricolore, après la rencontre.

Rendez-vous à l’automne pour trois test-matchs en Nouvelle-Zélande contre les Black Ferns. L’occasion d’éprouver les progrès en se frottant à une autre des meilleures équipes du monde.


Source:

www.franceinfo.fr

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