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Ces petits porteurs de caisses régionales du Crédit agricole qui s’estiment maltraités

Une banque en conflit avec certains de ses actionnaires, dont une bonne partie sont ses salariés et même… des clients. Cette situation saugrenue perdure au Crédit agricole depuis déjà une dizaine d’années. Le groupe bancaire mutualiste est attaqué par des porteurs de certificats coopératifs d’investissement (CCI) de ses caisses régionales, des instruments financiers similaires à une action, mais sans droit de vote.

D’après la Fédération nationale du Crédit agricole (FNCA), 43 millions de CCI ont été émis, pour une valeur de marché de 2,5 milliards d’euros actuellement. L’organe, qui rassemble les caisses du groupe, recense « plusieurs dizaines de milliers de porteurs », majoritairement des particuliers, clients ou salariés de la banque, mais aussi plusieurs professionnels, telles que des sociétés de gestion.

Depuis dix ans, une partie de ces porteurs croisent le fer avec le Crédit agricole, qu’ils accusent de suivre une stratégie dévalorisant leur investissement. Un nouvel épisode a commencé en février, avec le lancement d’une association de porteurs. Et un autre pourrait débuter avant l’été si les plaignants, partis en justice, décident de se pourvoir en cassation d’ici à juin…

Lire la chronique | Article réservé à nos abonnés « Le piège s’est refermé sur les porteurs de certificats coopératifs d’investissement du Crédit agricole »

L’affaire commence en 2016, et sa complexité impose de comprendre le fonctionnement du groupe mutualiste. Non seulement l’organe central, le Crédit agricole SA (CASA), est coté en Bourse, mais c’est aussi le cas de 13 de ses 39 caisses régionales, émettrices des fameux CCI. Pour ajouter à l’originalité, les filiales sont actionnaires de leur maison mère, qui détenait elle-même 25 % de leur capital à l’époque (sous forme de CCI).

En 2016, donc, le groupe mutualiste s’engage dans un plan de simplification de son organisation : plutôt que de vendre ses CCI en Bourse, CASA les fait racheter par les caisses régionales elles-mêmes pour 18 milliards d’euros, soit 105 % de l’actif net comptable des caisses régionales. Cet indicateur est au cœur de la discorde entre le Crédit agricole et ses actionnaires. Il se distingue du cours de Bourse, qui, lui, est régi par la loi de l’offre et de la demande. « CASA a réalisé une très bonne affaire, car, à l’époque, le cours de Bourse des CCI ne valait même pas la moitié de leur actif net », cingle ainsi Colette Neuville, présidente de l’Association de défense des actionnaires minoritaires (ADAM).

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Source:

www.lemonde.fr

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