Le terme de « hantavirus » vient de faire une entrée fracassante dans notre quotidien. Cette catégorie de virus, peu connue jusque-là en France, est à l’origine d’un foyer d’infection inédit par son ampleur sur le bateau de croisière MV Hondius, qui a infecté huit passagers, faisant trois morts, a révélé l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dimanche 3 mai. La gravité de la situation suscite un vent de panique qui n’est pas sans rappeler les premiers temps du Covid-19. « A ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible », a toutefois déclaré, mercredi, Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’OMS, qui centralise les informations.
De la nature des hantavirus aux notions de « cas contact » ou « taux de létalité », cette nouvelle crise s’accompagne d’un ensemble de termes scientifiques et médicaux parfois difficiles à comprendre. Voici le lexique des Décodeurs pour s’y retrouver.
Les hantavirus
Il s’agit d’un type de virus pouvant provoquer des détresses respiratoires et cardiaques ainsi que des fièvres hémorragiques. Ils doivent leur nom à la rivière Hantaan, située à la frontière entre les deux Corée. Durant la guerre de Corée (1950-1953), plus de 3 000 soldats étaient tombés grièvement malades après avoir été infectés par ces virus.
Il existe plusieurs types de hantavirus, qui se distinguent par leur répartition géographique et leur tableau clinique. Si des cas rares de transmission interhumaine ont été documentés, ils ont tendance à se transmettre aux humains par l’intermédiaire de rongeurs sauvages infectés tels que des souris ou des rats : « La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétas des animaux infectés (urines, déjections, salive), aux cours d’activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d’activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs », indique le site de l’Agence nationale de santé publique.
En l’absence de vaccin comme de médicaments spécifiques, les traitements proposés consistent uniquement à soulager les symptômes.
La souche Andes
Il s’agit de la souche d’hantavirus identifiée comme responsable de l’épidémie sur le MV Hondius. Elle figure parmi les quelque 140 types de hantavirus (ou taxons) actuellement identifiés, et fait plus précisément partie des virus dits du « Nouveau monde » (les Amériques), surtout associés à des syndromes respiratoires, particulièrement dangereux. Circulant uniquement en Argentine et au Chili, Andes est le seul hantavirus pouvant se transmettre entre humains.
La transmission interhumaine
Cela désigne la transmission d’un virus de l’homme à l’homme, par opposition à la transmission de l’animal à l’homme. Dans le cas des hantavirus, des cas de transmission interhumaine, qui peut faciliter la diffusion du virus, ont été documentés, principalement par voie respiratoire via les gouttelettes de salive. Selon l’Office fédéral de la santé publique suisse, « un seul type de virus, extrêmement rare, peut se transmettre d’un être humain à un autre » : la souche Andes, celle identifiée comme responsable du foyer d’infection sur le bateau de croisière MV Hondius.
Le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH)
C’est l’une des maladies potentiellement mortelles les plus fréquentes causées par les infections à hantavirus. Ce sont principalement les hantavirus du continent américain qui provoquent des SPH, encore appelés « syndromes cardio-pulmonaires à hantavirus » (SCPH).
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Selon Santé publique France, l’incubation varie de une à six semaines. Le SPH se manifeste d’abord par des douleurs musculaires et par de la fièvre, puis par « une atteinte pulmonaire grave et rapide avec détresse respiratoire et cardiaque et choc ». Le taux de létalité est élevé, de l’ordre de 30 % à 60 %, indique l’Institut Pasteur, qui confirme qu’aucun traitement spécifique n’est disponible.
La fièvre hémorragique à syndrome rénal (FHSR)
C’est l’une des maladies potentiellement mortelles les plus communes causées par une infection à hantavirus. Ce sont principalement les hantavirus d’Europe et d’Asie qui entraînent des SPH.
Selon Santé publique France, l’incubation varie d’une semaine à trois mois et les FHST sont de « gravité variable », allant d’un « syndrome grippal » à une « insuffisance rénale importante d’évolution le plus souvent favorable ». Mais ils peuvent tout de même être mortels, « la létalité variant de 0 % à 10 % selon les virus ».
Le taux de létalité
Il s’agit du rapport entre le nombre de cas mortels et le nombre de personnes infectées par un virus. Cet indicateur est plus ou moins précis en fonction de la qualité du dépistage. Il peut aussi varier en fonction de l’évolution de la qualité de la prise en charge et des traitements.
La létalité du hantavirus diffère en fonction des maladies causées par ses différentes variantes. La létalité des syndromes respiratoires est d’environ 38 % et celle des syndromes rénaux varie de moins de 1 % à environ 15 % en fonction des virus impliqués, selon les Centres de prévention et de lutte contre les maladies américains.
Les zoonoses
Il s’agit de maladies (nósos, en grec ancien) infectieuses pouvant passer d’un animal (zôon) à l’homme. C’est le cas des hantavirus. Certaines zoonoses « mutent plus tard en souches présentes uniquement chez l’homme » (le VIH, par exemple), d’autres « peuvent provoquer des flambées récurrentes, comme la maladie à virus Ebola et la salmonellose », d’autres encore, tel le Covid-19, provoquent « des pandémies mondiales », détaille l’OMS.
Les espèces réservoir
Il s’agit d’espèces animales dans laquelle un virus se propage et se maintient en passant d’un individu à un autre. Les rongeurs sont les principaux réservoirs des hantavirus.
Les épidémies, endémies et pandémies
Le terme d’épidémie désigne une brusque augmentation de cas d’une maladie dans un territoire et sur une période donnée. On parle d’épidémie ou de maladie saisonnière quand un tel phénomène revient chaque année du fait de conditions propices, comme la bronchiolite ou la grippe en hiver, en France.
Une infection présente sur un territoire donné de façon permanente est une endémie (comme le paludisme en Afrique centrale), tandis qu’une épidémie qui touche le monde entier est une pandémie (le Covid-19).
A ce stade, le hantavirus n’est associé à aucun de ces termes.
L’incubation
C’est la période entre la contamination de l’organisme par un agent pathogène et l’apparition des premiers symptômes de la maladie. Cette période peut être particulièrement risquée dans le cas d’un virus pouvant se transmettre de façon asymptomatique, comme c’est le cas pour le SARS-CoV-2. En effet, le porteur peut contaminer d’autres personnes avant même d’avoir conscience d’être infecté.
Les cas contact
Il s’agit des individus ayant été en contact avec une personne infectée par un virus sans mesure de protection efficace.
Concernant le MV Hondius, des efforts sont en cours pour rechercher d’éventuels cas contacts, par exemple parmi les voyageurs présents le 25 avril à bord du vol entre Sainte-Hélène (île britannique de l’Atlantique-Sud) et Johannesburg (Afrique du Sud), emprunté par la Néerlandaise de 69 ans qui est morte le lendemain.
Source:
www.lemonde.fr

