Comme chaque été depuis plus de 20 ans, les touristes qui voudront visiter les calanques de la Vesse et de Niolon devront garer leur véhicule en amont et descendre à pied. Cette mesure prise par le maire du Rove est en vigueur de début mai à fin septembre.
Publié le 03/05/2026 14:56
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Protéger les calanques de la Vesse et de Niolon. C’est l’objectif du filtrage mis en place depuis 2004 par la ville du Rove, à une vingtaine de minutes en voiture depuis Marseille. Dès le premier week-end de mai, seuls les riverains disposant d’un laissez-passer pourront accéder avec leur véhicule à ces deux calanques situées sur cette commune. Les très nombreux touristes devront se garer en amont et descendre à pied, jusqu’à la fin du mois de septembre. Une mesure qui vise à protéger ces deux lieux naturels, mais pas seulement.
« Interdit de stationner » : le panneau trône sur un portail blanc, celui de Jean-Paul, 69 ans. « J’ai mis cette pancarte-là qui a pas mal limité la casse », raconte cet habitant de la calanque de Niolon. Une maison de 50 mètres carrés acquise en l’an 2000, son jardin avec vue mer, son petit coin de paradis qui se transformait en enfer quand le filtrage n’existait pas. « Il y en a qui se garaient devant ma porte, je ne pouvais plus sortir de chez moi, déplore-t-il. Les gens, quand ils veulent garer leur bagnole, ils veulent garer leur bagnole, ils se foutent de tout. C’est insupportable. On ne peut pas sortir de chez soi, c’est quelque chose ! »

Devant cette maison, Benoît et Valérie passent en marchant d’un bon pas. Ces deux amoureux belges ont garé leur voiture trois kilomètres plus haut. Chapeau, bâtons, grosses chaussures, ils sont venus « pour faire de la rando, donc ça ne change pas grand-chose », lance Benoît. Une mesure nécessaire, selon eux, pour préserver ce beau spectacle. « On voit des rochers, on voit des pins, on voit de la nature sauvage avec la mer en face », poursuit-il. « Pour préserver aussi tout le milieu naturel », défend Valérie.
Mais tous ne sont pas de cet avis. Quinze à vingt minutes de marche minimum, c’est ce qu’il faut pour rejoindre le bas de la calanque depuis le début du filtrage, avec une pente bien raide. Plusieurs touristes s’arrêtent, essoufflés dans la montée. « Honnêtement, ce n’est pas pratique », lâche Basile, pizzaïolo dans un restaurant tout en bas, proche du bord de mer. « Les gens qui n’ont pas envie de marcher, le plus souvent, vont faire demi-tour et partir. Les trois week-ends de pont ne vont pas nous aider, c’est sûr. »
Le soleil déjà brûlant décourage les moins sportifs, mais surtout assèche la végétation : 2 000 hectares d’espace boisé autour des calanques de la Vesse et de Niolon. Une étincelle peut déclencher un immense brasier. Paul Sabatino, le maire communiste du Rove, plaide la responsabilité avec ce filtrage. « Le premier réflexe, quand on a sa voiture, c’est de partir en sens inverse de l’incendie, explique-t-il. Mais ici, quand on remonte, on remonte à l’incendie. »
« L’accès aux deux calanques, ce sont des chemins d’accès qui permettent juste le passage d’une colonne de sapeurs-pompiers. Il faut absolument que les pompiers puissent descendre combattre et protéger les habitations. »
Paul Sabatino, maire du Roveà franceinfo
Pour accéder à la calanque de Niolon, Paul Sabatino rappelle l’existence du train : vingt minutes depuis Marseille, un peu plus de cinq euros et une dizaine d’allers-retours quotidiens.
Source:
www.franceinfo.fr

