L’Arabie saoudite, la Russie et cinq autres pays de l’OPEP+ ont augmenté, comme prévu, leurs quotas de production de pétrole, dimanche 3 mai, une décision visant à afficher la continuité du groupe après le séisme provoqué par le départ des Emirats arabes unis.
Ensemble, l’Arabie saoudite, la Russie, l’Irak, le Koweït, le Kazakhstan, l’Algérie et Oman ont augmenté leurs quotas « de 188 000 barils par jour », pour le mois de juin, selon le communiqué publié sur le site de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole.
La déclaration du groupe ne mentionne pas les Emirats arabes unis, une omission qui reflète un signe de tensions dans les relations avec Abou Dhabi après son départ de l’alliance cette semaine.
Cette augmentation sur le papier ne pourra très probablement pas se matérialiser en production supplémentaire : les principales capacités inexploitées de l’OPEP+ se trouvent dans les pays du Golfe, dont les exportations sont obstruées par le blocage du détroit d’Ormuz, orchestré par l’Iran depuis le début de la guerre au Moyen-Orient.
Le choc est essentiellement réparti entre l’Arabie saoudite, l’Irak, le Koweït, et bien sûr les Emirats arabes unis, dont la production ne sera plus comptabilisée parmi celles de l’alliance (l’Iran est membre de l’OPEP+ mais n’est pas soumis à des quotas).
C’est à la Russie, le deuxième plus gros producteur du groupe, que profite le plus la situation avec des prix très élevés de l’énergie, mais elle semble avoir déjà bien du mal à produire au niveau de ses quotas actuels.
Son industrie pétrolière fait face au désinvestissement des Occidentaux depuis le début de la guerre déclenchée par son invasion de l’Ukraine en 2022, et une production régulièrement entravée par des frappes de drones ukrainiens.
Le départ des Emirats arabes unis, un tournant
En plus d’être le quatrième producteur de l’OPEP+ en volume, Abou Dhabi dispose de très importantes capacités inexploitées de production, un levier essentiel du groupe quand il doit réguler le marché.
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Le pays a investi massivement dans ses infrastructures ces dernières années et sa compagnie pétrolière nationale Adnoc prévoit une capacité de production de 5 millions de barils par jour d’ici à 2027, très au-delà de son dernier quota fixé à 3,447 millions de barils par jour.
Adnoc s’est, en plus, engagé, dimanche, à dépenser 55 milliards de dollars dans des nouveaux projets au cours des deux prochaines années, confirmant que l’entreprise « accélère la croissance et la mise en œuvre de sa stratégie ».
Cela fait d’Abou Dhabi un acteur concurrent sur le marché, par ailleurs capable de produire à des coûts très faibles, et qui pourrait limiter l’impact des mesures prises par Riyad et ses alliés, une fois le marché de retour à une forme de normalité après le déblocage du détroit d’Ormuz.
Source:
www.lemonde.fr

