« Je m’inquiète pour mes enfants, ils sont très stressés. Je les ai bien élevés, j’ai toujours travaillé, nous nous sommes facilement intégrés », déclare, la voix nouée, une femme algérienne coiffée d’un béret, à la barre du tribunal administratif de Montreuil (Seine-Saint-Denis), ce mercredi 8 avril. Mme M., 50 ans, est arrivée en France en 2018 avec ses deux enfants pour rejoindre son ex-mari, présent derrière elle, dont les papiers sont en cours de renouvellement. Elle exerce ici un recours contre la décision de la préfecture de Bobigny, qui a refusé de la régulariser et lui a délivré, le 25 juin 2025, une obligation de quitter le territoire français.
C’est quand elle a déposé sa demande de carte de séjour auprès des services préfectoraux qu’elle a rencontré celui qui la défend désormais. Ce jour-là, Parfait Masilu, 42 ans, spécialiste en droit des étrangers, y était avec un de ses clients. Rares sont les avocats qui, comme lui, accompagnent les demandeurs en préfecture. « Cela permet de débloquer certaines situations », souligne celui qui est souvent appelé à la rescousse après un premier échec administratif.
« Madame M. ne demande qu’à travailler, mais le préfet ne lui en donne pas la possibilité », rappelle-t-il au juge et aux deux assesseurs, dénonçant l’incohérence du système qui, d’un côté, refuse d’accorder à cette mère sans papiers le droit de travailler et, de l’autre, rejette son dossier pour « absence d’intégration » et d’« insertion professionnelle ».
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Source:
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