Trois jours durant, il s’est évertué à tenter de convaincre qu’il n’était qu’un simple intermédiaire sur le marché gris de la vente de montres de luxe, doté d’un bagout efficace et d’un joli carnet d’adresses. Mais à l’heure du réquisitoire, les procureurs en ont fait le « financier » d’un clan criminel, le quasi-alter ego de Jacques Santoni, chef incontesté de la bande criminelle corse du Petit Bar, cet homme tétraplégique « devant lequel on baisse la tête, un parrain qu’on embrasse sur le front ». Ces deux portraits antinomiques se sont affrontés, jeudi 30 avril, devant le tribunal correctionnel de Marseille qui rejugeait Mickaël Ettori, 53 ans, pour association de malfaiteurs et soupçonné d’avoir été à la manœuvre dans de vastes opérations de blanchiment des fonds colossaux de ce que l’accusation a nommé une « association mafieuse ».
Une peine située entre douze et quatorze années de prison et une amende comprise entre 1,5 et 2 millions d’euros ont été réclamées à l’encontre de celui que les deux procureurs Isabelle Candau et Mathieu Bertola ont présenté comme « le pont entre le monde occulte de la criminalité organisée et le monde de la finance en col blanc ». Mickaël Ettori était rejugé quatre mois après que les gendarmes avaient mis fin, en décembre 2025, à une cavale de plus de cinq ans. Il avait fait opposition à sa condamnation par défaut à douze ans de prison prononcée en son absence, le 28 mai 2025. Vingt-deux prévenus, état-major du clan, affidés, richissimes hommes d’affaires et intermédiaires du blanchiment avaient alors été condamnés à des peines rarement égalées en matière financière.
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Source:
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