Invitée politique de « La Matinale » samedi 2 mai, Edwige Diaz, députée RN de Gironde, est revenue sur les relations entre son parti et les syndicats, alors que de nombreux travailleurs remettent en cause des échanges trop étroits des élus avec le patronat.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Pour le 1er mai, le RN a donné rendez-vous à ses partisans hier à Mâcon (Saône-et-Loire). Votre façon à vous de célébrer le 1er mai. Est-ce aussi votre façon de voler symboliquement le 1er mai à la gauche ?
Oh là là, je n’ai pas l’impression qu’on vole quoi que ce soit, à qui que ce soit. Au Rassemblement national, il y a une tradition, nous célébrons chaque 1er mai la fête de ceux qui travaillent, de ceux qui ont travaillé, mais aussi la Fête de la nation. Ce sont les valeurs du Rassemblement national que nous avons célébrées hier (vendredi 1er mai) devant plus de 6 000 personnes, avec une ambiance festive, conviviale et, surtout, une détermination profonde. Le sens des responsabilités et du devoir aussi. Nous sommes à un an de l’élection présidentielle. Nous demandons aux patriotes de France de se mobiliser, de s’inscrire sur les listes électorales, de prendre leur carte au Rassemblement national, parce que nous aurons besoin de toutes les voix pour redresser la France, alors que 75 % des Français estiment qu’Emmanuel Macron est un mauvais président de la République.
Il y avait des airs de discours présidentiels, de meetings présidentiels. Quelle est la ligne économique du Rassemblement national ? On a du mal à savoir si c’est étatiste-social ou libéral-national. On entend un peu deux sons de cloche si on a Marine Le Pen dans l’oreille gauche et Jordan Bardella dans l’oreille droite.
J’entends ça depuis plusieurs semaines sur tous les plateaux de télévision, mais notre programme économique est très clair. D’ailleurs, il est disponible sur notre site internet. Nous sommes pour la liberté d’entreprendre, le soutien aux chefs d’entreprise, l’accompagnement des entrepreneurs de notre pays. Nous voulons un État qui protège, qui crée les conditions d’un développement économique favorable, ce qui n’est pas le cas actuellement. Dans ma région, 17 entreprises par jour ont fermé l’année dernière. 90 % des Français estiment que le bilan économique d’Emmanuel Macron est un échec, avec cette politique économique désastreuse, donc d’une part d’arrêter avec les macronistes qui ont échoué sur tout et, surtout, d’empêcher le nouveau front populaire avec Jean-Luc Mélenchon de remporter l’élection présidentielle l’année prochaine parce que sinon ce serait un désastre pour nos entrepreneurs.
Vous défendez beaucoup et depuis toujours, en fait, les classes populaires, les personnes qui ont des problèmes de pouvoir d’achat. Et, d’un autre côté, vous avez un discours qui est assez pro-patronat. Or, c’est bien ce que reprochent ces gens-là. Est-ce que vous demandez au Medef, par exemple, d’augmenter les salaires ?
Nous, de toute façon, notre proposition sur les salaires est très claire. Nous souhaitons proposer aux chefs d’entreprise un deal gagnant-gagnant, c’est-à-dire leur permettre d’augmenter de 10 % les salaires, moyennant une exonération des cotisations patronales. Nous, nous n’opposons pas les classes populaires, les travailleurs, les employés, les salariés aux chefs d’entreprise, parce que les deux doivent travailler ensemble. C’est ça, l’union nationale. Il ne peut pas y avoir d’entreprises rayonnantes s’il n’y a pas de salariés motivés. C’est pour ça que l’État doit avoir un rôle de régulateur, d’accompagnateur, de soutien pour favoriser le développement économique de nos entreprises qui, in fine, servira aux salariés que nous défendons toujours. D’ailleurs, on le voit bien dans les intentions de vote : de plus en plus d’employés décident de nous faire confiance parce qu’ils ont bien vu que la gauche les avait trahis, qu’Emmanuel Macron ne s’est jamais occupé d’eux et que nous, nous avons des mesures qui sont favorables à l’augmentation de leur pouvoir d’achat.
Jordan Bardella a été auditionné par le Medef et il y a eu un dîner entre Marine Le Pen et des patrons du CAC 40 dont, notamment, les patrons de TotalEnergies et de LVMH. Est-ce que vous avez le sentiment que le patronat est acquis à votre cause désormais pour 2027 ?
Non pas du tout et ce n’est pas un objectif non plus. Je considère que, quand vous êtes le premier parti de France en nombre d’adhérents, en nombre d’électeurs, en nombre de députés à l’Assemblée nationale, il est normal que les chefs d’entreprise aient envie de vous rencontrer et que nous ayons envie de les rencontrer. Nous sommes donnés potentiellement qualifiés pour le second tour de l’élection présidentielle, potentiellement déclarés victorieux de l’élection présidentielle, et il est normal que le premier parti de France discute avec les organisations patronales. Ce qui n’est pas normal, c’est que les syndicats comme la CGT refusent de discuter avec nous, mais ce n’est pas très grave. Les salariés et les travailleurs savent que nous les défendons. Nous avançons dans un état d’esprit d’apaisement, de détermination, parce que nous voulons opérer cette réconciliation nationale et nous pensons que nous sommes les seuls à pouvoir le faire.
Il y a cette forte opposition des syndicats qui ont défilé le 1er mai dans la rue. Ça veut dire que vous gouvernerez sans l’avis des partenaires sociaux ?
Non, pas du tout, parce que nous sommes très respectueux des institutions. Mais je voudrais quand même pointer l’hypocrisie de tous les syndicats qui prétendent défendre le pouvoir d’achat. Je voudrais rappeler qu’ils ont tous appelé à voter pour Emmanuel Macron, que ce soit en 2017, en 2022, et pour tous les candidats soutenus par Emmanuel Macron aux législatives de 2024. Donc les syndicats sont discrédités. J’espère qu’ils vont revenir à la raison et qu’ils seront très respectueux de la démocratie si, toutefois, nous remportons l’élection présidentielle l’année prochaine. Grâce à nos 140 députés, avec nos alliés de l’UDR, nous sommes sur le terrain. En Gironde, dans mon département, je suis toujours en étroite collaboration, en échange avec les employés qui nous font la démonstration de leur confiance et pour cela nous leur adressons nos sincères remerciements.
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Source:
www.franceinfo.fr

