
Jour férié, moment de mobilisation, brins de muguet : le 1er-Mai s’est imposé comme un rendez-vous à part. Une évidence aujourd’hui, issue de près de cent quarante ans de combats sociaux.
Un rendez-vous pour exiger une journée de huit heures
Le 1er-Mai naît des luttes ouvrières de la fin du XIXᵉ siècle, en Europe comme en Amérique du Nord. Partout, la revendication est la même : limiter la journée de travail à huit heures, contre dix à douze heures, alors courantes.
En 1889, la deuxième internationale, réunie à Paris lors de l’Exposition universelle, adopte une résolution pour organiser, à date fixe, une mobilisation dans tous les pays. « La grande question, ce n’était pas forcément le 1er mai, mais de trouver une manifestation commune », souligne Arnaud-Dominique Houte, professeur à Sorbonne Université, spécialiste de l’histoire contemporaine. La date est choisie en écho aux syndicats américains, qui appellent à se mobiliser le 1er mai 1890.
Parallèlement, la deuxième internationale commémore les événements survenus trois ans plus tôt à Chicago, aux Etats-Unis, où plusieurs travailleurs furent tués lors d’un attentat à la bombe pendant une réunion pacifique à Haymarket Square. Souvent présenté comme l’acte fondateur du 1er-Mai, cet épisode relève toutefois « d’une reconstruction a posteriori », nuance Arnaud-Dominique Houte.
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Source:
www.lemonde.fr

