L’affaire renvoie à un vol d’au moins 28 volumes dérobés entre 1982 et 1989 dans la propriété de Long Island de John Hay Whitney, éditeur du New York Herald Tribune – ancien président du Museum of Modern Art et ambassadeur des États-Unis au Royaume-Uni. La famille avait signalé ces manques à la police du comté de Nassau en 1989.
Le marché du rare a servi de filet
Classé ou quasi, le dossier fut rouvert en janvier 2025 lorsqu’un homme a tenté de revendre une partie du lot à deux libraires spécialisés de Manhattan, B&B Rare Books et Adam Weinberger Rare Books. Professionnels consciencieux, ils vérifièrent les références dans l’Art Loss Register et constatant un sérieux problème, alertèrent les autorités.
Les enquêteurs ont ensuite obtenu plusieurs mandats de perquisition en 2025 et 2026, avant qu’un juge new-yorkais n’autorise la restitution aux ayants droit, pointe ABC7.
Le receleur présumé se justifia en prétextant un héritage de son grand-père et qu’il n’était pas né au moment des vols. L’enquête reprenait alors sur deux fronts : l’origine exacte de la disparition dans la propriété des Whitney et la localisation des onze volumes encore manquants.
Le lot comprend notamment 37 lettres adressées par John Keats à Fanny Brawne, dont huit autographes — ensemble estimé à environ 2 millions de dollars. D’autres pièces incluent un exemplaire signé de Finnegans Wake, des lettres d’Oscar Wilde, ainsi que des ouvrages rares illustrés.
La restitution s’inscrit dans les activités de l’unité spécialisée du procureur de Manhattan, dirigée par Matthew Bogdanos : cette unité a récupéré plusieurs milliers d’objets culturels ces dernières années.
Les héritiers ont annoncé leur intention de vendre les ouvrages restitués et d’en reverser le produit à des œuvres caritatives. Probablement parce qu’ils avaient revendu la bibliothèque ? Ou pas.
Crédits photo : ABC7
Par Clément SolymContact : cs@actualitte.com
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