En Belgique, la troublante ambivalence du premier ministre à l’égard de la Russie

Le 1er décembre 2025, lors d’une conférence donnée à Bruxelles, le premier ministre belge, Bart De Wever, interpelle son auditoire : « Qui, ici, croit vraiment que la Russie va perdre en Ukraine ? C’est une fable, une illusion », déclare le nationaliste flamand. Et d’ajouter que cette défaite, « non souhaitable », risquerait de rendre « instable » un pays pourvu de l’arme nucléaire.

Lire aussi l’analyse (2025) | Article réservé à nos abonnés Bart De Wever, la mue d’un nationaliste flamand devenu premier ministre de Belgique

Deux semaines plus tard, nouveau trouble. M. De Wever s’oppose au plan de soutien à l’Ukraine envisagé par la Commission européenne. Il estime « fondamentalement erroné » ce projet, qui visait à utiliser les dizaines de milliards d’euros de la banque centrale russe bloqués en Europe, principalement logés chez Euroclear, l’institution financière de dépôt installée à Bruxelles.

L’ancien président de l’Alliance néoflamande (N-VA) défend l’idée que les conséquences financières, juridiques et sécuritaires de cette opération seraient trop lourdes, et que son pays risquerait de devoir les assumer seul. Il finira par convaincre ses collègues, lesquels opteront dès lors pour un prêt de 90 milliards, bloqué ensuite par le Hongrois Viktor Orban.

A l’époque, l’opiniâtreté de M. De Wever étonne, et est parfois saluée. Mais les propos dont il assortit ses explications dérangent. Il parle d’un « vol », d’une « confiscation », qui risquerait de « rendre impossible un futur accord de paix ». Pendant ce temps, à Washington, Donald Trump mise sur l’indécision des Vingt-Sept et imagine récupérer les avoirs russes, et les placer dans des fonds d’investissement sous contrôle américain.

Malaise toujours palpable

Troisième épisode, le 14 mars. M. De Wever détaille, dans un entretien au journal belge L’Echo, ce qu’il considère comme la seule solution possible pour une Europe dans l’impasse, privée du soutien des Etats-Unis dans son effort de guerre : conclure un « deal » avec Moscou. A savoir : « normaliser les relations avec la Russie », arrêter le conflit en Ukraine et de fait « retrouver l’accès à une énergie bon marché ». Une position qui, selon le chef du gouvernement belge, serait partagée en coulisse par plusieurs dirigeants.

Il vous reste 62.14% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.


Source:

www.lemonde.fr

Annonce publicitairespot_img

Catégories

الاتحاد البرلماني الدولي يعتمد مقترح الإمارات لأمن الملاحة

ووافقت الجمعية العامة على اختيار الدكتور مروان عبيد المهيري، عضو المجلس الوطني الاتحادي، مقررا لمشروع القرار الذي سيتم اعتماده في اجتماع الجمعية 154 للاتحاد، حيث أكد أن "طرح هذا الموضوع يأتي انطلاقا من إدراك واضح بأن النزاعات المعاصرة...

"Des gens qui gagnent plus que des cadres ou des médecins…": les grèves à répétition des pilotes de la Lufthansa payés jusqu'à 300.000 euros...

La troisième grève de l’année chez Lufthansa, déclenchée malgré des salaires parmi les plus élevés d’Europe, illustre le conflit grandissant entre des pilotes réclamant de meilleures retraites et une direction qui refuse de céder au nom des difficultés économiques...

« J’ai la boule au ventre » : à Guyancourt, la stupéfaction des parents après une plainte pour viol sur une fillette

« C’est un choc. On n’arrête pas d’en parler entre parents sur le groupe WhatsApp de l’école ». À Guyancourt (Yvelines), les familles sont dans tous leurs états ce lundi, après des soupçons d’agression sexuelle dans le périscolaire sur...
Annonce publicitairespot_img