Chef du service de pédopsychiatrie de l’hôpital Robert-Debré (Assistance publique – Hôpitaux de Paris), Richard Delorme met en perspective l’augmentation des passages aux urgences pour motifs psychiatriques d’enfants et d’adolescents qui semblent toujours plus jeunes. « Plus qu’un phénomène nouveau, on est sorti d’une forme de déni », estime-t-il.
Les passages aux urgences pédiatriques pour motifs psychiatriques sont élevés, en ce début d’année 2026. Comment l’analysez-vous ?
C’est en réalité une tendance installée sur le temps long. Les passages aux urgences de jeunes qui vont mal augmentent dans les pays développés depuis vingt ans. Il y a eu une accélération avec le Covid, suivi d’une décélération, mais on reste sur une tendance haussière des tentatives de suicide. Les guerres, le réchauffement climatique, la crise économique génèrent un niveau d’anxiété élevé, même si on ne sait pas toujours quel lien établir entre ces événements et le mal-être de nos patients. On sait, en revanche, depuis les années 1980, que 1 point de chômage supplémentaire, c’est 10 % d’augmentation des troubles mentaux chez les jeunes.
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Source:
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