Le gouvernement a annoncé, samedi 18 avril, la mise en place en septembre d’une conférence nationale de l’autonomie, deux mois après le report sine die d’un plan grand âge qui était attendu de longue date par le secteur à l’approche du mur démographique.
« La priorité, c’est d’institutionnaliser toutes les initiatives à travers une mobilisation et l’installation de la Conférence nationale de l’autonomie », a affirmé la ministre déléguée chargée de l’autonomie et des personnes handicapées, Camille Galliard-Minier, invitée samedi matin sur Francetvinfo.fr. Cette conférence « va nous doter d’un cap clair pour les prochaines années pour agir sur tous les champs du vieillissement : la prévention, la place de nos Ehpad demain, le domicile, les habitats partagés, le rôle des métiers du soin et surtout le soutien également aux aidants », a expliqué la ministre.
Depuis des décennies, les acteurs du secteur réclament une loi « grand âge » de programmation pluriannuelle – à l’image de ce qui se fait notamment pour les armées – pour répondre aux enjeux du vieillissement de la population. Mais cette loi est devenue une arlésienne de la présidence Macron. Promise au début du premier quinquennat, elle n’a pas vu le jour, se heurtant à la question notamment financière.
Un report jugé « inquiétant » par la défenseure des droits
A défaut, un plan « grand âge » devait être présenté le 12 février pour « définir » les réponses à apporter aux personnes en perte d’autonomie et proposer plusieurs scénarios de financement. Mais ce plan a été reporté sine die avec l’annonce du départ de Charlotte Parmentier-Lecocq, chargée du dossier au gouvernement.
Ce report a été déploré par une grande partie des professionnels du secteur et jugé « inquiétant » par la défenseure des droits dans un contexte de déficit d’attractivité des métiers du soin et de vieillissement de la population.
Selon les projections démographiques et épidémiologiques, le nombre de personnes âgées en perte d’autonomie devrait atteindre près de quatre millions en 2050, contre un peu plus de deux millions en 2015. Et selon la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees), il faudra entre 150 000 et 200 000 emplois supplémentaires pour « prodiguer des soins de base » aux personnes âgées en perte d’autonomie en 2050.
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