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"Nous sommes inquiets par les risques d'inflation": les Etats doivent être prêts à "des temps difficiles" selon la patronne du FMI

« Les pays doivent prendre les mesures nécessaires pour réduire les activités utilisant le plus d’énergie. Il faut le faire dès à présent, pas attendre plusieurs semaines », a insisté la directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Kristalina Georgieva, lors des réunions annuelles de l’institution et de la Banque mondiale cette semaine à Washington.

Les États doivent se « préparer à des temps difficiles » si les prix du pétrole restent élevés du fait de la guerre au Moyen-Orient, a souligné mercredi lors d’une conférence de presse la directrice générale du FMI, Kristalina Georgieva.

« Nous devons nous préparer à des temps difficiles » si le conflit se poursuit et que les prix du pétrole restent élevés, a assuré la patronne du Fonds monétaire international (FMI), avant d’ajouter: « tous les pays sont concernés, même si le choc peut être asymétrique ».

Des délégations de la majorité des pays du monde sont présentes depuis lundi à Washington afin de participer aux réunions annuelles du Fonds et de la Banque mondiale (BM), qui s’étendent jusqu’à la fin de la semaine.

Inquiétude sur les engrais et l’alimentation

Sans surprise, les répercussions de la guerre au Moyen-Orient, notamment sur le gaz et le pétrole, a entraîné une envolée des prix du pétrole. « Nous avons des échanges avec tous les pays », a assuré Christian Mumssen, directeur de la Stratégie de l’Institution, lors d’un point presse.

« Cela va nous permettre de mieux comprendre comment le choc les touche, quels choix politiques ont déjà été réalisés et s’ils attendent une aide supplémentaire de la part du FMI, que nous devrions bien entendu apporter, via nos outils habituels », a-t-il ajouté.

« Les pays doivent prendre les mesures nécessaires pour réduire les activités utilisant le plus d’énergie. Il faut le faire dès à présent, pas attendre plusieurs semaines », a insisté Kristalina Georgieva.

Dans le même temps, l’impact sur les engrais, dont une partie ainsi que certains ingrédients proviennent de la région, vient ajouter des difficultés, en augmentant le risque de crise alimentaire dans les Etats.

« Nous sommes inquiets par les risques d’inflation, en particulier que cela concerne les prix de l’alimentation si la livraison d’engrais à un prix raisonnable (n’est pas) rapidement rétablie », a reconnu la directrice générale du FMI.

Christian Mumssen, a reconnu être « particulièrement inquiet pour les pays à faible revenu », précisément du fait de l’impact du conflit sur l’alimentation. Pour rappel, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) a qualifié fin mars les engrais de « sujet d’alerte numéro 1 », anticipant un « effet cumulé » l’année prochaine « sur la quantité (des récoltes) mais aussi sur les prix ».

« Si le détroit d’Ormuz est bloqué trois mois, l’impact sera manifeste », avait alors souligné le directeur général adjoint de l’OMC, Jean-Marie Paugam.

Le monde qui bouge – L’Interview : La guerre renchérit le coût des engrais – 01/04

Prudence des banques centrales

Dans ces pays, les foyers dépensent en moyenne 36% de leur consommation pour se nourrir, contre 20% dans les pays émergents et moins de 9% pour les pays développés. La directrice générale du Fonds a demandé aux États de ne pas s’engager dans d’importantes dépenses « alors que le niveau d’endettement mondial est au plus haut depuis la Seconde guerre mondiale ».

Selon le rapport Fiscal Monitor sur les politiques budgétaires, publié par le FMI un peu plus tôt dans la journée, la dette mondiale atteignait l’équivalent de 94% du PIB mondial l’année écoulée, et pourrait atteindre les 100% d’ici 2029 si aucun effort n’est fait.

« Certains pays mettent en place des mesures non ciblées, de contrôle des exportations ou de mauvaises baisses de taxes. Les intentions sont bonnes mais protéger leurs citoyens par ce type de mesures ne fera que prolonger les difficultés liées aux prix élevés », a prévenu Kristalina Georgieva.

Dans le même temps, les banques centrales doivent se montrer prudentes « et voir comment cela va évoluer », avant de prendre d’éventuelles décisions concernant leurs taux directeurs, en particulier si les anticipations d’inflation restent ancrées. « Si nous sortons rapidement du conflit, elles ne devraient pas avoir besoin d’agir », a-t-elle estimé.

Dans l’immédiat néanmoins, l’urgence reste la situation financière des pays, alors que le FMI comptait déjà près d’une quarantaine de programmes actifs avant même le déclenchement de la guerre. D’ores et déjà, le Fonds a reçu « une douzaine de demandes » pour de nouveaux programmes d’aide, « un certain nombre d’entre eux de la part d’Afrique sub-saharienne », a déclaré Kristalina Georgieva.

Ces pays « nécessitent notre attention, et sont un point important de nos discussions cette semaine sur la manière dont nous pouvons les aider au mieux face à monde de chocs fréquents et d’incertitude », a-t-elle ajouté.


Source:

www.bfmtv.com

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