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En Californie, l'élection du gouverneur sème le chaos chez les démocrates

Qui remplacera le charismatique Gavin Newsom en tant que gouverneur de Californie ? Un démocrate, répondraient sans nul doute de nombreux Américains, tant cet État progressiste de l’ouest des États-Unis, le plus peuplé du pays, semble être acquis au camp bleu depuis des décennies. Mais depuis le week-end dernier, la réponse n’est plus aussi évidente. 

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Dimanche 12 avril, le candidat favori du parti démocrate, le représentant au Congrès, Eric Swalwell, a officiellement quitté la course pour le poste de gouverneur. Depuis plusieurs semaines, il était au cœur de diverses polémiques, accusé d’avoir agressé sexuellement une ancienne collaboratrice, d’avoir envoyé des photos intimes à plusieurs femmes ou encore d’avoir embauché une nourrice et de l’avoir payée sur des fonds de campagne – des accusations qu’il a niées.

Exit, donc, le favori, qui laisse derrière lui une certaine forme de chaos. Car la liste de ses potentiels remplaçants est longue. Et pour le moment, aucun ne tire vraiment son épingle du jeu.

« Cela change complètement la donne », tranche Kim Nalder, professeur de sciences politiques à l’université d’État de Sacramento, auprès du Guardian. « On va voir certains électeurs démocrates s’intéresser à nouveau à des candidats qui ne figuraient peut-être pas en tête de leur liste. »

Myriade de candidats

Sept candidats démocrates restent en lice pour succéder à Gavin Newsom, qui, après deux mandats, ne peut se représenter.  

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Parmi eux : Katie Porter, ancienne élue démocrate au Congrès ; Tom Steyer, financier milliardaire, militant environnemental et candidat déçu à la présidentielle de 2020 ; Matt Mahan, maire de San José ; Xavier Becerra, secrétaire à la Santé de Joe Biden pendant l’épidémie de Covid-19 ; ou encore le maire de Los Angeles, Antonio Villaraigosa.

Pour le moment, les deux premiers semblent bénéficier d’une légère avance dans les sondages. Mais comme Eric Swalwell, ils doivent faire face à leur lot de polémiques. Katie Porter est ainsi régulièrement épinglée pour une histoire datant de 2025, lorsqu’elle avait menacé de quitter le plateau d’une émission télévisée après des échanges tendus avec la journaliste. De quoi se voir cataloguée comme « colérique » par ses opposants.

Tom Steyer, de son côté, doit sa notoriété grandissante à son portefeuille. Il est pour le moment celui qui a consacré le plus de fonds à sa campagne électorale. Si bien que son visage apparaît partout, au point de générer un certain malaise. « Quiconque vit en Californie a forcément croisé son visage sur des encarts publicitaires », note auprès du Times Eric Schickler, professeur de sciences politiques à l’université de Californie à Berkeley. « Mais certains sont gênés devant l’étalage de cette richesse. D’autant plus que Tom Steyer n’a jamais occupé de fonction publique. »

Derrière, les autres candidats les talonnent. Samedi, Matt Mahan a par exemple pu donner un nouvel élan à sa campagne, alors qu’il a reçu un million de dollars de dons de la part d’un promoteur immobilier, Rick Caruso.

Un scrutin 100 % républicain ?

Or, avoir tout une ribambelle de candidats dans un mouchoir de poche complique grandement la course au gouvernorat californien. Car avant l’élection générale, prévue le 3 novembre 2026, il faut en effet passer l’étape cruciale des primaires, prévues le 2 juin.

Et en Californie, en raison d’une règle électorale adoptée en 2010, ces primaires sont non partisanes. Globalement, elles fonctionnent comme le premier tour d’une élection présidentielle française : tous les candidats en lice sont au même niveau, peu importe leur parti, et ce sont les deux qui obtiennent le plus de voix qui sont qualifiés pour l’élection générale. Autrement dit, rien ne garantit à un parti d’être représenté au scrutin général.

Si aucun candidat ne se démarque parmi le grand nombre de prétendants au poste de gouverneur, le camp démocrate voit donc planer la menace que son électorat se disperse, laissant deux républicains arriver en tête des primaires. L’État tomberait alors forcément aux mains d’un gouverneur républicain, pour la première fois depuis Arnold Schwarzenegger (2003-2011).

Car en face, ils ne sont que deux républicains à se disputer la place. Le premier, Steve Hilton, est un Anglo-Américain, ancien conseiller du Premier ministre britannique David Cameron, intervenant régulier sur la chaîne conservatrice Fox News. Le second, Chad Bianco est shérif du grand comté de Riverside, un comté qui va de l’est de Los Angeles au parc national de Joshua Tree.

Avant même l’éviction d’Eric Swalwell, cette peur se faisait entendre dans le camp démocrate. Mi-mars, un sondage commandé par le Los Angleles Times estimait que Katie Porter pourrait recueillir 13 % des intentions de vote, au même niveau qu’Eric Swalwell. Tom Steyer lui était à 10 %. Tous étaient distancés par les deux républicains avec Steve Hilton, recueillant 17 % des intentions de vote, et Chad Bianco 16 %.

« Ce scénario de deux républicains qui parviendraient à se qualifier reste peu probable, tant le vote démocrate est fort dans cet État », selon Eric Schickler. « Mais le fait même que ce soit une possibilité montre à quel point la course démocrate est désorganisée. »

Dans diverses simulations effectuées par Paul Mitchell, un éminent analyste de données sur le camp démocrate, les chances d’un échec total des démocrates lors de l’élection générale sont en effet légèrement inférieures à 1 sur 5.

Et selon les experts, cela est notamment dû au président américain Donald Trump. Ce dernier a en effet apporté son soutien officiel à Steve Hilton. Si l’électorat suit la consigne de vote, le nombre de voix pour son opposant pourrait donc drastiquement diminuer au point de le voir arriver au moins troisième.

Un malaise démocrate

Chez les démocrates, une question persiste : comment en est-on arrivé là ? Le problème, au fond, c’est qu' »aucun successeur évident à Gavin Newsom – une personnalité démocrate qui serait connue et avec une forte personnalité – n’a émergé », estime Garry South, qui a travaillé sur quatre campagnes pour le poste de gouverneur de Californie.

Pendant longtemps, les démocrates attendaient pourtant une Kamala Harris, qui est revenue en Californie après l’élection de 2024, ou un Alex Padilla, ce sénateur latino-américain fervent opposant à la politique migratoire de Trump, ou encore un Rob Bonta, le procureur général de l’État. Mais tous ont refusé.

Le poste est-il trop risqué dans une carrière politique ? Gouverner la Californie est un défi de taille. Alors que l’État se vante d’être la quatrième économie du monde, elle fait face à un déficit budgétaire chronique, à un coût de la vie exorbitant et à une pénurie de logements. Depuis 2023, la majorité des électeurs estiment ainsi que leur État va dans la mauvaise direction, selon une enquête du Public Policy institute of California.


Source:

www.france24.com

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