Malaise des élus macronistes
Les 16 et 17 avril, Caroline Yadan, députée (apparentée Ensemble pour la République), défendra à l’Assemblée nationale sa proposition de loi pour « lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme ». L’élue de la 8e circonscription des Français établis hors de France, notamment basés en Israël, entend répondre à « l’explosion des actes antisémites » en France et à ses « formes renouvelées » depuis l’attaque du 7-Octobre. Le texte, qui élargit le délit d’apologie du terrorisme et crée un délit d’appel à la destruction d’un Etat, a été élaboré à partir de la définition de l’antisémitisme de l’Alliance internationale pour la mémoire de l’holocauste, datant de 2016. La proposition de loi, soutenue par le gouvernement et les députés Horizons, Droite républicaine et Rassemblement national, suscite le malaise parmi les élus macronistes et centristes. Le MoDem, à l’instar du Parti socialiste, a décidé de ne pas la voter.
Pétition citoyenne
Considérant que le texte « représentait un réel danger pour la liberté d’expression, en muselant tout soutien à la cause palestinienne », Alexandre Balasse, demandeur d’emploi de 26 ans muni d’un diplôme d’ingénieur agronome et participant bénévolement à un programme du Musée d’histoire naturelle de Palestine (Bethléem), a lancé dès le 18 février, avant même que le texte ne soit discuté à l’Assemblée nationale, une pétition pour refuser l’amalgame entre antisémitisme et antisionisme. Le 14 avril, celle-ci, notamment soutenue par La France insoumise (LFI), enregistrait plus de 692 000 signatures sur le site de l’Assemblée nationale. Le seuil des 500 000 permettrait, comme pour la loi Duplomb il y a quelques mois, l’organisation d’un débat au Parlement. Mercredi 15 avril, la commission des lois a finalement voté pour son classement, estimant qu’un tel débat se télescoperait avec l’examen du texte prévu à partir de jeudi.
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Source:
www.lemonde.fr


