Dès son arrivée en Algérie pour une visite historique, le pape a appelé lundi 13 avril au « pardon » devant le Mémorial du martyr d’Alger, où sont honorés les morts de la guerre d’indépendance contre la France (1954-1962).
Léon XIV, visiblement ému, a déposé une gerbe de roses blanches devant le monument avant de s’y recueillir en silence quelques instants. « En ce lieu, rappelons-nous que Dieu souhaite la paix pour toutes les nations », a-t-il déclaré en anglais, estimant que la « paix qui permet d’envisager l’avenir avec un esprit réconcilié n’est possible que par le pardon ».
Tout en se disant conscient qu’il est « difficile de pardonner », le souverain pontife a estimé que « la véritable lutte pour la libération ne sera définitivement gagnée que lorsque la paix des cœurs aura été conquise ». Il a appelé à ne « pas ajouter du ressentiment au ressentiment, de génération en génération (…) alors que les conflits continuent de se multiplier partout dans le monde ».
Le pape a prononcé ce discours dans un contexte de graves tensions entre Paris et Alger, marquées par des expulsions de diplomates et l’arrestation en France d’un agent consulaire ainsi que la détention de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal en Algérie (libéré fin 2025), et l’emprisonnement depuis juin dernier du journaliste français Christophe Gleizes.
Un contexte politique sensible
« L’Algérie est un grand pays doté d’une longue histoire riche en traditions (…) Une histoire douloureuse, marquée aussi par des périodes de violence que vous avez toutefois su surmonter, avec courage et honnêteté », a encore salué le pape.
« Me trouver devant ce monument est un hommage à cette histoire de l’Algérie et à l’âme d’un peuple qui s’est battu pour l’indépendance, la dignité et la souveraineté de cette nation », a-t-il souligné.
La colonisation de l’Algérie par la France, à partir de 1830, a été marquée par des tueries massives et la destruction de ses structures socio-économiques, ainsi que par des déportations à grande échelle, selon des historiens.
De nombreuses révoltes ont été réprimées avant une sanglante guerre d’indépendance (1954-1962) qui a fait 1,5 million de morts algériens, selon l’Algérie – 500 000 morts dont 400 000 Algériens, selon les historiens français.
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L’Algérie a aussi été le théâtre d’une guerre civile meurtrière entre 1992 et 2002, entre des groupes islamistes et les forces gouvernementales, la « décennie noire », qui a fait 200 000 morts, selon un bilan officiel.
Source:
www.lemonde.fr


