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Plus de viande, de boissons sucrés et d'aliments ultra-transformés… Ce sont les jeunes de moins de 30 ans qui émettent le plus de CO2 en mangeant, selon une étude mondiale

Une vaste étude, menée sur des données issues de 149 pays, souligne que les plus jeunes ont des régimes plus carnés, donc plus émetteurs. Mais les plus âgés vivent plus longtemps.

141 produits étudiés pour leurs propriétés nutritionnelles et leur niveau d’émission de gaz à effet de serre – et le tout, dans 149 pays, en 2000, 2005, 2010, 2015 et 2019. Une étude sino-néerlandaise, publiée dans Nature Food, mène une vaste enquête sur l’un des sujets brûlants du dérèglement climatique: qui, du fait de son alimentation, pollue le plus?

La réponse est simple, et contre-intuitive: ce sont les plus jeunes. Les adolescents (11-19 ans) représentaient 20,9% des émissions liées à l’alimentation, et les jeunes adultes (20-29 ans), 17,2%. La faute à une consommation alimentaire plus importante, mais aussi aux recours à plus de viandes et produits laitiers. Les jeunes consomment aussi plus de boissons sucrées, et d’aliments ultra-transformés, dont l’impact carbone est élevé.

Les auteurs relèvent néanmoins une tendance inverse au niveau global: ce sont les classes d’âge les plus élevées qui polluent le plus – car elles sont de plus en plus fournies. Si, pris individuellement, les séniors (plus de 60 ans) ont des régimes moins polluants, ils sont démographiquement de plus en plus nombreux. En conséquence, leur part dans les émissions globales augmente: en 2019, ils représentaient 26,5% des émissions en Europe, par exemple. Surtout, en tendance, ils ont participé à 25% de la hausse des émissions liées à l’alimentation, entre 2000 et 2019 (2,1 gigatonnes d’équivalent CO2).

« Dans les pays à revenus élevés, la croissance des émissions a été portée principalement par les séniors, avec des tendances similaires dans certains pays à revenus moyens à élevés, comme la Chine ou le Brésil », expliquent les auteurs.

La croissance de la population reste le principal facteur de hausse

Le principal facteur de hausse des émissions reste la démographie, au niveau mondial. Chez les séniors, ce facteur est disproportionné et représente la majorité de la progression des émissions. Dans d’autres classes d’âges, d’autres facteurs rentrent en compte: la hausse des revenus au niveau mondial permet d’expliquer une partie des hausses. Viennent ensuite des changements de régime, pour des choix plus polluants. Ces deux derniers facteurs sont corrélés: les gens mangent plus de viande quand ils ont plus de revenus – et les deux variables sont très puissantes en Inde et en Asie du Sud, par exemple, où les revenus ont fortement progressé entre 2010 et 2019.

En Afrique subsaharienne, c’est encore la population en hausse qui explique plutôt l’augmentation des émissions – les revenus par tête évoluent moins vite que les prix et contribuent donc négativement aux émissions (avec moins de ressources, les gens consomment de façon moins polluante).

De façon intéressante, l’Europe est dans une situation similaire – les revenus n’ont pas progressé assez vite pour avoir un impact sur la consommation et donc les achats alimentaires. Au contraire, ils ont un effet négatif. Mais la hausse des émissions réside dans les choix alimentaires faits: les Européens consomment plus de viande, plus de produits laitiers, quelles que soient les tranches d’âges.

Évidence scientifique

Et cela ne va pas sans conséquence: la viande, notamment rouge (bœuf, agneau, veau) et les produits laitiers, représentent les trois-quarts des émissions de gaz à effet de serre des Européens. C’est un peu moins au Canada ou aux États-Unis, car la consommation de graisses ajoutées, et de sucre (via les boissons notamment), est plus forte, et que ces deux types de produits polluent aussi.

Cela recoupe les données scientifiques actuelles: la viande de bœuf, même élevée localement, rejette 28kg de CO2 par kilo de viande consommé; le veau est à 22,5kg, et les crevettes à 20,5kg. Le fromage – entre 4,5kg et 6,3kg de CO2 émis – pèse « plus lourd » sur la planète que le poulet (4,5kg). À l’autre extrémité, les bons élèves sont connus : les lentilles (0,5kg), les œufs (1,9kg) et le tofu (1kg).

D’où la conclusion de l’étude: les auteurs recommandent plus de prévention pour les plus jeunes, afin d’infléchir leurs régimes alimentaires vers des solutions plus soutenables. Ils souhaitent aussi éviter qu’une solution unique soit trouvée au niveau mondial:

« Nos résultats montrent que dans des pays à faibles revenus en pleine transition alimentaire, la hausse des émissions correspond à une amélioration des qualités nutritionnelles. »

Autrement dit, c’est dans les pays développés, et en France notamment, que l’effort vers des régimes moins carnés doit être réalisé. En 2019, moment de l’étude, le cabinet I4CE chiffrait à 28% la part de l’alimentation dans les émissions globales.


Source:

www.bfmtv.com

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