Comment continuer à exercer son mandat quand on devient une cible des narcotrafiquants ? Dans l’Oise, un équipe de France Télévisions a retrouvé l’un des adjoints au maire de Villers-Saint-Paul, six mois après une attaque à l’explosif devant son domicile. Il raconte sa vie d’après.
Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder en intégralité.
Voilà désormais à quoi ressemble la vie du premier adjoint au maire de Villers-Saint-Paul (Oise), une commune de 6 000 habitants de l’Oise. « Les matins, je fais le tour de la voiture pour voir s’il n’y a pas des insultes. Parce qu’il m’est arrivé d’avoir des ‘Nique ta mère l’adjoint’, des « Fls de pute’ etc. sur la carrosserie, et des pneus crevés », raconte-t-il.
Les menaces ont abouti en janvier 2026 par un passage à l’acte. Trois hommes, possiblement liés au trafic de drogue, ont installé sur sa voiture un engin explosif, qui s’est déclenché devant son domicile. Son véhicule a été en partie détruit. À l’époque, une équipe de France Télévisions avait rencontré Khalid Charki juste après l’attaque, forcément très marqué. Depuis, sa vie a radicalement changé. « Les soirées sont compliquées, parce qu’on devient parano. Il suffit d’entendre du bruit à deux heures du matin. On se lève tous pour voir s’il n’y a pas une voiture ou des personnes de nouveau qui viennent devant la maison », poursuit-il.
Aujourd’hui, malgré tout, il reste engagé pour sa commune en tant que premier adjoint. Mais le poste d’élu à la sécurité qui l’occupait est désormais vacant. Selon lui, c’est l’installation de caméras pour lutter contre le narcotrafic qui est à l’origine de son agression. La mesure est pourtant réclamée par les habitants d’un quartier.
Mais l’élu peine à trouver la force de continuer à se battre, car il se sent délaissé par la police et la justice. « On explose la voiture d’un adjoint, et la justice condamne ces jeunes-là à une interdiction d’habiter à Villers-Saint-Paul. L’enquête est toujours en cours, mais j’aurais aimé tout de suite marquer le coup quelques jours de prison », avance-t-il. Selon lui, les familles des suspects vivent aujourd’hui toujours dans la commune.
Source:
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