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La révolution numérique 3/10 : 1950-1960 : les puces électroniques, aux origines de la Silicon Valley

Elles sont partout autour de nous, essentielles dans nos sociétés connectées : on les retrouve dans nos smartphones, sur nos cartes bancaires, dans nos voitures : on les appelle les “puces électroniques”. Elles sont partout mais si vous ne les voyez pas, c’est normal : elles sont devenues de plus en plus petites au cours des dernières décennies, à force d’innovation dans les laboratoires et dans les départements de recherche des entreprises du secteur.

L’histoire des puces électroniques est aussi une histoire entrepreneuriale : l’histoire des premiers patrons américains qui vont capitaliser sur cette innovation en installant leurs entreprises en Californie, et ont participé à créer un territoire désormais bien connu que l’on appelle la “Silicon Valley”.

Le transistor : la révolution électronique en Californie

Chaque puce électronique est composée de milliards de transistors, ces composants électroniques servant à moduler ou amplifier le signal électrique. Si auparavant l’électronique reposait sur la technologie des tubes à vide, en 1947, trois ingénieurs américains vont découvrir l’effet transistor, comme l’explique l’historien Pascal Griset : « Pendant la Seconde Guerre mondiale, (…) pour rattraper le retard que les États-Unis ont en matière de radars par rapport aux Britanniques, on évoque la possibilité des matériaux semi-conducteurs pour une nouvelle génération de radars. »

Dès les années 50, cette découverte va mener à la constitution d’une nouvelle économie autour de la fabrication des puces électroniques : les premières entreprises dédiées à la fabrication des composants des puces sont créées en Californie dans ce qui deviendra la Silicon Valley. Parmi les premiers entrepreneurs à s’installer dans la « vallée du Silicium », l’on retrouve Robert Noyce (1927-1990), considéré comme le « maire de la Silicon Valley » : il participe à façonner le mode de gestion propre à la Silicon Valley, que l’on retrouve encore aujourd’hui dans les grandes entreprises de la tech. Le journaliste Olivier Tesquet explique : « Il y a cette horizontalité revendiquée, sur le parking vous n’avez pas votre place attribuée, il créera un peu plus tard l’open space. Il y a aussi cette idée d’intéresser les salariés qui détiennent des actions de la société. »

Une nouvelle économie autour des puces électronique

Les progrès dans le domaine électronique se poursuivent au cours des années 50. Robert Noyce et ses équipes au sein de l’entreprise Fairchild Semiconductor vont faire une nouvelle découverte décisive, celle du circuit intégré, en 1958. L’historien Pascal Griset explique : « Pour faire simple : c’est la possibilité de fabriquer un circuit électronique (…) sur un bloc de germanium ou de silicium, d’un seul tenant, ce qui permet d’envisager l’industrialisation de ce produit. » La révolution suivante sera celle des microprocesseurs, soit un circuit intégré programmable qui permettra l’essor des micro-ordinateurs.

C’est également Robert Noyce qui va cofonder en 1968 l’entreprise Intel, avec Gordon Moore, un entrepreneur à l’origine de la loi de Moore énonçant que « le nombre de transistors par unité de surface d’un circuit intégré double tous les deux ans ». Pour Olivier Tesquet, plus qu’une loi, il s’agirait plutôt d’une prophétie auto-réalisatrice : « Au départ c’est une observation empirique, ça va devenir une prophétie auto-réalisatrice dans la Silicon Valley : la loi de Moore va devenir le maître-étalon de cette course effrénée vers le progrès technologique. »

Références sonores

Documentaire sur la découverte des transistors, AT&T Tech Channel, 1953Interview de Fred Turner, professeur associé en sciences de la communication et histoire des médias à l’Université Stanford, réalisée par son éditeur Hervé le Crosnier, mai 2026Lecture d’un articleOuverture dans un nouvel onglet de l’écrivain et journaliste américain Tom Wolfe, 1983Conférence de Robert Noyce, physicien et cofondateur de la société Intel (1968), Computer History Museum, 11 mai 1984

Référence musicale

« Money for Nothing », Dire Straits, 1985

Pour aller plus loin

Apocalypse Nerds. Comment les technofascistes ont pris le pouvoir, Olivier Tesquet et Nastasia Hadjaji, éditions Divergence, septembre 2025


Source:

www.radiofrance.fr

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