Les trois régions de Belgique ont annoncé la mise en place de ce système après plus de vingt ans de débats. La mesure doit prendre effet à compter du 1er mai 2027.
Publié le 14/07/2026 14:02
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Mauvaise nouvelle pour les touristes et les frontaliers. Dès le 1er mai 2027, une vignette automobile deviendra obligatoire en Belgique pour circuler sur les grands axes, y compris pour les conducteurs étrangers. Les trois régions de Belgique, l’échelon institutionnel compétent pour l’entretien des grands axes routiers du pays, ont officialisé, vendredi 10 juillet, les contours de cette vignette « unifiée ».
Contrairement à l’Italie ou à la France, où le réseau autoroutier a été concédé à des groupes privés, les autoroutes belges sont restées gratuites. L’idée d’un péage y fait pourtant débat depuis plus de vingt ans, sans jamais aboutir.
Concrètement, cette vignette sera dématérialisée, liée au numéro d’immatriculation et payable directement sur une plateforme numérique. Elle concernera tous les véhicules de moins de 3,5 tonnes, qu’ils soient immatriculés en Belgique ou à l’étranger. Son prix dépendra du véhicule : 90 euros par an pour un modèle zéro émission, jusqu’à 125 euros pour les normes Euro 0 à 3. Des formules plus courtes existeront aussi, pour 24 heures, dix jours, un ou deux mois…
À noter, toutefois, plusieurs types de véhicules seront toutefois exemptés de vignette : les motos, les camions (déjà concernés par une redevance kilométrique), les tracteurs agricoles, les autocars, les services d’urgence, de défense et de police. La mesure ne s’appliquera toutefois que sur les autoroutes et les grands axes routiers : les routes communales seront, par exemple, exemptées.
Pour s’y retrouver, comme l’explique La Voix du Nord, par exemple, il faudra notamment scruter… la couleur des panneaux. « Pour éviter les zones où la vignette est obligatoire, il faut éviter les panneaux verts qui indiquent les autoroutes et les bleus qui indiquent les routes nationales et régionales (oui c’est l’inverse de la France) et privilégier les panneaux blancs à inscriptions noires », précisent ainsi nos confrères, dont de nombreux lecteurs sont à la frontière avec la Belgique.
Des contrôles reposeront notamment sur des caméras de lecture des plaques d’immatriculation. Une amende de 70 euros sanctionnera les contrevenants.
Les trois régions ont vanté un système « unifié », de nature à doper l’investissement dans l’entretien des grands axes dans toute la Belgique. « Toutes celles et tous ceux qui utilisent nos routes doivent contribuer équitablement à leur entretien », a ainsi expliqué le ministre wallon de la Mobilité, François Desquesnes. Un principe partagé par son homologue flamand : « Les Flamands doivent eux aussi payer pour utiliser les routes dans de nombreux pays européens », a souligné Ben Weyts.
Selon la RTBF, la Wallonie consacre chaque année 700 millions d’euros à l’entretien, la réhabilitation ou le développement de ses infrastructures routières. « Selon les premiers calculs des gouvernements régionaux, la vignette devrait rapporter 130 millions d’euros en Flandre et 327 millions d’euros en Wallonie », précisent nos confrères.
Toutefois, l’accord doit encore être approuvé définitivement par les trois régions, puis soumis aux autorités européennes. Il suscite déjà des réactions politiques. Le chef de file de la droite francophone, Georges-Louis Bouchez, a assuré que la vignette n’aurait « aucune incidence pour les Belges », promettant des « réductions d’autres taxes afin que cela n’ait aucun impact sur votre portefeuille ». Les gouvernements régionaux ont par ailleurs promis, eux aussi, que l’effet serait toutefois neutre pour les automobilistes belges grâce à une diminution de la fiscalité déjà en place, rapporte Le Soir.
D’autres critiques avancent l' »exemple allemand » : en 2019, la Cour de Justice de l’Union européenne a annulé le projet de vignette autoroutière en Allemagne, après avoir été saisie par l’Autriche qui estimait que le système pénalisait les conducteurs étrangers.
Source:
www.franceinfo.fr


