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La Russie commence à perdre en Ukraine: voici les quatre scénarios que redoutent les stratèges occidentaux

Les frappes de drones ukrainiens sur le territoire russe marquent un tournant visible dans la guerre. Le week-end du 4 et 5 juillet, un terminal pétrolier à Saint-Pétersbourg a été touché, provoquant d’importants panaches de fumée. Dans la nuit de dimanche à lundi, les drones ukrainiens ont incendié la dernière grosse raffinerie encore intacte, à Omsk en Sibérie. À Moscou, des files d’attente se sont formées devant les stations-service encore ouvertes, signe d’une crise du carburant inédite depuis des décennies.

La montée en puissance de ces attaques, à la fois plus fréquentes, plus lointaines et plus précises, alimente l’idée que l’équilibre du conflit évolue. Plusieurs dirigeants occidentaux estiment que la dynamique pourrait basculer en défaveur de Moscou. Toutefois, peu d’analystes pensent que Vladimir Poutine acceptera une défaite sans réagir, ce qui fait craindre une escalade dans les mois à venir. Gideon Rachman, du Financial Times, revient sur les scénarios possibles.

Deux grandes lectures s’opposent parmi les stratèges occidentaux. Certains redoutent une phase particulièrement dangereuse, estimant qu’un Kremlin acculé pourrait intensifier le conflit pour reprendre l’avantage. D’autres considèrent au contraire que les marges de manœuvre de la Russie sont limitées, et que le principal risque serait de pousser l’Ukraine à faire des concessions.

Quatre formes d’escalade sont généralement envisagées: une intensification des combats conventionnels, un recours à l’arme nucléaire, une confrontation directe avec l’OTAN, ou encore des actions hybrides, mêlant sabotage, cyberattaques et opérations clandestines.

Une fuite en avant militaire risquée

Sur le terrain, la Russie pourrait envoyer davantage de troupes au front malgré des pertes très élevées, estimées à des dizaines de milliers de soldats chaque mois. Une mobilisation générale reste possible, mais elle comporterait un risque politique interne. En l’absence de percée décisive, Moscou pourrait privilégier des frappes massives et indiscriminées contre des zones urbaines –ce qu’elle fait déjà dans une moindre mesure– sans garantie de changer le cours de la guerre.

La menace nucléaire, souvent évoquée depuis le début du conflit, semble aujourd’hui moins crédible aux yeux des décideurs occidentaux. Des pressions internationales, notamment de la Chine, ainsi que le risque d’une intervention directe de l’Ouest, contribueraient à dissuader un tel scénario. À force d’être répétées, ces menaces ont perdu une partie de leur effet dissuasif.

Une autre hypothèse concerne une provocation visant des pays membres de l’OTAN, comme les États baltes ou la Pologne. Une telle action viserait à créer des divisions au sein de l’alliance occidentale, même si un affrontement direct reste peu probable, car il comporterait des risques militaires et politiques considérables pour Moscou.

Reste enfin le recours à la guerre hybride, déjà largement utilisée. Sabotages, tentatives d’attentats ou menaces sur les infrastructures critiques font partie de cet arsenal discret mais efficace. Néanmoins, ce type d’actions expose également la Russie à des représailles, notamment dans le cyberespace.

En définitive, si la Russie dispose encore de plusieurs options pour intensifier le conflit, chacune comporte des risques importants. Alors que Moscou ne montre aucun signe de recul, l’Ukraine et ses alliés se préparent à une période estivale particulièrement tendue, avec l’espoir qu’une pression accrue finisse par ouvrir la voie à une issue du conflit.


Source:

www.slate.fr

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