Après cinq années de baisse continue, les ventes de casques filaires ont recommencé à progresser d’environ 10 % au second semestre de l’an dernier, pour finir l’année sur une croissance annuelle proche de 3 %, selon des données de l’institut Circana relayées début juillet par Engadget. De quoi remettre sur le devant de la scène un format qu’on croyait relégué au rayon nostalgie.
1. Un rapport qualité-prix imbattable
Les casques et écouteurs sans fil haut de gamme offrent d’excellentes performances audio, mais leur tarif grimpe rapidement. Le filaire, lui, propose une qualité audio comparable pour beaucoup moins cher.
Le Sennheiser HD400U en est une bonne illustration. Disponible à moins de 80 euros, ce casque filaire prend en charge un flux audio jusqu’en 24 bits/96 kHz, soit une définition identique à celle annoncée pour le Bowers & Wilkins Px7 S3, un modèle sans fil vendu autour de 380 euros. Bien sûr, cette seule caractéristique ne résume pas la qualité d’un casque, mais elle illustre l’excellent rapport qualité-prix dont bénéficie encore le filaire.
2. En finir avec le stress du Bluetooth
La technologie sans-fil conserve toutefois quelques contraintes inhérentes à son fonctionnement. Elle dépend d’une batterie, avec le risque d’une panne au mauvais moment et d’une autonomie qui diminue progressivement au fil des années. Les modèles filaires, eux, s’affranchissent totalement de cette problématique.
La connexion Bluetooth présente également certaines limites. La bande de fréquence des 2,4 GHz, utilisée par de nombreux appareils, peut être sujette aux interférences dans les environnements les plus encombrés, ce qui se traduit par des coupures ponctuelles, une connexion moins stable ou encore une latence plus perceptible selon les usages.
3. La fatigue du tout numérique
Une lassitude vis-à-vis de la technologie la plus récente pousse une partie des consommateurs vers des produits plus analogiques. Les ventes d’appareils photo compacts ont nettement progressé l’an dernier, le disque vinyle poursuit sa renaissance depuis plusieurs années, et les montres mécaniques regagnent elles aussi en popularité.
Certains utilisateurs expriment également une méfiance envers ces accessoires connectés soupçonnés de faire office de dispositifs de surveillance déguisés.
4. Le ras-le-bol de l’inflation IA
L’intégration systématique de fonctions d’intelligence artificielle dans presque tous les produits agace une partie des consommateurs. S’y ajoute une contrainte budgétaire : la hausse des prix de la mémoire tire vers le haut le coût des composants liés à l’IA, ce qui alourdit la facture des appareils les plus récents.
À l’inverse, les casques filaires comme les appareils plus anciens, qui n’ont pas besoin de composants puissants pour faire tourner de l’IA, bénéficient de prix relativement stables.
5. Un accessoire de mode à part entière
Le casque filaire n’est plus seulement fonctionnel : il est redevenu tendance. Ces derniers mois, plusieurs célébrités ont été aperçues arborant ce type de casque. Sur Instagram, le compte « @Wired It Girl », qui compile des photos de femmes portant des casques filaires, connaît d’ailleurs un joli succès.
Des limites persistent
Le principal frein reste la compatibilité, la plupart des appareils récents ont basculé vers le port USB-C, ce qui complique l’usage d’un casque utilisant un format jack 3.5 mm.
Le filaire reste malgré tout un marché de niche : le sans-fil conserve entre 60 et 72 % du marché total. Mais sa part de marché progresse régulièrement depuis un peu plus d’un an, selon Engadget.
Source:
www.zdnet.fr


