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Pedro Sanchez : les secrets de la longévité du Premier ministre espagnol, au pouvoir depuis huit ans

A la tête de l’Espagne depuis 8 ans, Pedro Sanchez fait entendre une voix forte et souvent à contre-courant en Europe : que ce soit sur la défense, l’immigration, ou le Moyen Orient… Cet ancien professeur d’économie est devenu une icône anti-Trump, mais il est fragilisé par des scandales de corruption qui touchent ses proches. Comment expliquer sa longévité au pouvoir ?

Ce texte correspond à une partie de la retranscription du reportage ci-dessus. Cliquez sur la vidéo pour la regarder dans son intégralité.

Ce sont quelques pas de côté qui disent la singularité de l’Espagne sur la scène internationale. Ce jour de juin 2025, lors de la photo de famille de l’Otan, le socialiste Pedro Sanchez se place à l’écart, seul. Il vient de dire non à la hausse des dépenses militaires souhaitées par ses alliés. Huit mois plus tard, il dit non à nouveau, cette fois à Donald Trump et à sa guerre contre l’Iran. « La crise provoquée au Moyen-Orient par cette guerre illégale démontre l’échec de la force brute et l’exigence de respecter le droit international », déclarait alors le chef du gouvernement espagnol.

Pedro Sanchez, nouvelle icône anti-Trump. Dans le sud de l’Espagne, la résistance du Premier ministre espagnol ne surprend pas ce retraité. « Ce jeune homme qui avait 16-17 ans, c’est le chef du gouvernement, Pedro Sanchez. C’était un leader discret mais responsable », nous montre sur un cliché sportif Mateo Quirós, ancien entraîneur de basket de Pedro Sanchez (1988-1989). Il était l’entraîneur du jeune Sanchez lorsqu’il brillait parmi les espoirs du basket à la fin des années 80. Il reconnaît chez celui qui est l’un des derniers dirigeants de gauche européen le mental de l’ancien joueur. « Dans le basket, il y a des moments où on peut faire des pauses, réfléchir et agir après. Et c’est ce qu’il fait en politique », analyse-t-il.

Calme et détermination, le secret de la longévité de ce Premier ministre arrivé au pouvoir il y a huit ans ? En 2018, c’est à la surprise générale que Pedro Sanchez l’a emporté après une motion de censure contre la droite. Depuis, celui que l’Espagne surnommait « El Guapo », le beau gosse, affronte les orages à répétition. Sa coalition fragile est dans l’incapacité de gouverner. Et il est affaibli par des scandales de corruption qui touchent son parti et ses proches. Son épouse, soupçonnée d’avoir usé de son statut pour obtenir du travail, sera jugée prochainement pour trafic d’influence.

Mais Pedro Sanchez, 54 ans, dément toute malversation. Devant le Parlement espagnol la semaine dernière, il s’accroche : « La question n’est pas : ‘est-ce que l’on doit rester ?’ Mais, ‘comment pourrions-nous ne pas rester ?' » Sanchez, impopulaire en Espagne, mais applaudi à l’étranger, lui qui s’est aussi distingué en étant l’un des premiers à reconnaître un État palestinien.

Plus que jamais, l’ancien professeur d’économie doit appliquer les leçons de son Manuel de résistance, écrit avec la journaliste Irene Lozano. « Lui, quand la situation se complique et qu’il est au bord du précipice, il se dit : ‘Ah, la situation est difficile, comment on va gérer ça ?’ Il n’est pas du genre à avoir peur et à partir en courant », confie l’autrice.

Comme un symbole, à l’un des opposants de Donald Trump, Gavin Newsom, le gouverneur californien, Pedro Sanchez a offert un exemplaire du classique espagnol Don Quichotte. Un homme qui se bat contre les moulins à vent, un homme entêté, à contre-courant.


Source:

www.franceinfo.fr

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