Le gouvernement annonce des prêts garantis par Bpifrance, une accélération des indemnisations et des dérogations sur les jachères pour aider les agriculteurs touchés par la canicule, qui provoque mortalité animale et baisses de rendement.
Le gouvernement annonce de premières mesures pour soutenir les agriculteurs touchés par la canicule. « Nous allons débloquer des prêts de trésorerie pour que les éleveurs puissent s’équiper en systèmes de ventilation et de brumisation », a déclaré Annie Genevard, la ministre de l’Agriculture, sur BFMTV ce mercredi 1er juillet.
Elle a précisé que ces prêts seraient garantis par la Banque publique d’investissement (Bpifrance) et qu’ils s’adresseraient notamment aux élevages de volailles, où la mortalité a été très élevée en raison des fortes chaleurs. « En Bretagne, 6.000 tonnes de volaille ont péri. Au-delà de 40°C, les volailles ne ventilent plus », a observé la ministre.
En outre, Annie Genevard a annoncé qu’elle recevrait cette semaine les assureurs pour que les indemnisations puissent être versées dans un « délai très rapide ». Ce délai devrait être connu d’ici la fin de semaine. La ministre de l’Agriculture a également précisé qu’elle avait autorisé le fauchage des parcelles en jachère sans que les agriculteurs ne perdent leurs aides de la PAC (Politique agricole commune). Cela doit permettre de disposer de davantage de fourrage, alors que la canicule risque de diminuer les rendements.
Encore une crise
« J’approuve le principe d’un stockage amélioré de l’eau. Si nous n’augmentons pas le stockage, nous ne pourrons pas faire face au dérèglement climatique », a-t-elle également estimé alors que des mesures en ce sens sont discutées au Sénat.
« La situation est très préoccupante. Le monde agricole, qui a connu cette année des crises successives, paie un lourd tribut », a reconnu la ministre en anticipant par exemple une baisse de « 50% de rendement sur le maïs ».
Mardi, l’association du secteur a confirmé que la production de maïs en France s’annonce au plus bas niveau depuis 26 ans, sous l’effet du recul des surfaces cultivées et de rendements réduits après deux canicules.
En plus de la chaleur, dans l’ouest de la France, les plants sont touchés par des attaques du géomyze, une mouche ravageuse du maïs. Pour le blé, la moisson a débuté avec « une bonne qualité » de graine, mais « des rendements inférieurs à la moyenne » du fait d’une année climatique difficile, entre pluies trop abondantes l’hiver et coups de chaud au printemps.
La situation est difficile pour nombre de maraîchers. Par exemple, les melons du Centre-Ouest, qui venaient d’entrer en production, ont « énormément souffert », surtout dans les zones non irrigables où des parcelles ont perdu 50% de rendement potentiel, selon Myriam Martineau, présidente de l’Association melon et pastèque (AIMP).
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