AccueilCultureSeydou Keïta (1921-2001),...

Seydou Keïta (1921-2001), l’œil de Bamako

Seydou Keïta nait en 1921 à Bamako, au Mali. Il commence la photographie avec un petit Kodak Brownie Flash en 1935. Il n’a que 14 ans . Il ouvre son atelier en 1948 et se spécialise dans l’art du portrait qu’il réalise sur commande en lumière naturelle ou aux flashes et en noir et blanc. Il connaît très vite un grand succès et les habitants de Bamako, du Mali et de l’Afrique de l’Ouest accourent à son studio.

ouvrir crédits photo
Page de couverture du numéro de Photo poche n° 63 (éditions Actes Sud / 2014) – © Photo poche / Actes sud

On y pose seul, en couple, en famille, en groupe, entre amis, cadrés en buste trois quart, ou en pieds, parfois de dos en se retournant. « Les sujets » sont toujours positionnés par Keïta lui-même qui veut leur donner la plus belle image. Dans son studio, clients et clientes se font photographier avec des vêtements occidentaux, chapeaux et accessoires mais aussi poste de radio, vélo, scooter, voiture que Keïta met à leur disposition. Le photographe renverse ainsi les codes coloniaux de la représentation ethnographique de l’homme africain.

Page de couverture du catalogue de l'exposition dédiée à Seydou Keïta en 2016 ouvrir crédits photo
Page de couverture du catalogue de l’exposition dédiée à Seydou Keïta en 2016 – © Grand Palais – Rmn éditions

A partir de l’indépendance du Mali en 1960, il devient photographe officiel pour le gouvernement malien : l’homme de la rue laisse la place aux dignitaires, aux ministres et aux intérieurs de maison cossus. Ce que l’on sait moins, c’est qu’il travaille entre 1962 et 1967 pour la Sûreté Nationale : il tire aussi donc le portrait de voleurs, de criminels ou de repris de justice. Ces photos d’identité judiciaire, personne ne les a vues.

Portrait de Seydou Keïta ouvrir crédits photo
Portrait de Seydou Keïta – © Jean Pigozzi

Seydou Keita prend sa retraite en 1977. Il devient mécanicien et répare des mobylettes. 15 ans plus tard, il est exposé dans le monde entier grâce à la photographe Françoise Huguier et au collectionneur André Magnin qui l’ont rencontré sur sa parcelle près de la prison. Ses formats 13X18 sont agrandis et sont découverts pour la première fois en France, à Rouen, lors des troisièmes rencontres photographiques de Normandie consacrées aux photographes africains, en mai 1993 . Puis, ce sera sa première exposition à Arles puis à la fondation Cartier en 1994, et au musée Guggenheim à New York en 1996. Seydou Keita meurt en 2001 mais ses portraits continuent de vivre dans les expositions du monde entier en tirages grand format. Ses photos de tous les jours sont entrées définitivement dans l’art contemporain.

Pour en parler

Jacques Goldstein, réalisateurFrançoise Huguier & Pierre Olingue, photographesJean-Loup Pivin, directeur de la revue NoirePierre-Jérôme Jehel, professeur au département photographie de GobelinsAndré Magnin, collectionneurPhilippe Bouté, directeur de la galerie Seydou Keita

Bibliographie

André Magnin (préface et entretien), Seydou Keita (éditions Scalo, 1997)Erika Nimis, Photographes de Bamako (éditions La Revue Noire, 1998)Photo-poche numéro 63 Seydou Keita (éditions Actes Sud, 2014)

Filmographie

Seydou Keita, photographe réalisé par Brigitte Cornand (1998)Regards noirs réalisé par Jacques Goldstein (1995)

Liens

Générique

Un documentaire de Michel Pomarède, réalisé par Guillaume Baldy. Prises de son, Delphine Bodet. Coordination, Emmanuel Laurentin. Chargée de programme et édition web, Sandrine Chapron, avec la collaboration de Redouane Malek.


Source:

www.radiofrance.fr

Articles similaires

Annonce publicitairespot_img