Selon le chef de la diplomatie polonaise, la Russie pourrait préparer une fausse attaque sur son propre territoire afin de justifier une nouvelle escalade contre des pays européens. Radosław Sikorski estime que les déclarations récentes du Kremlin ressemblent à une mise en scène informationnelle destinée à fabriquer un prétexte politique.
Dans un post publié sur X, Radosław Sikorski a dit s’attendre à «une attaque sur le territoire russe sous faux drapeau, à laquelle Poutine “répondrait”», suggérant que Moscou chercherait à construire publiquement l’alibi d’une riposte avant même tout événement réel, rapporte Euromaidan Press.
Cette mise en garde intervient après les menaces de Vladimir Poutine de frapper des États européens si des lancements de drones contre des cibles russes étaient imputés à leurs territoires. Le dirigeant russe a affirmé que les pays concernés comprendraient qu’une frappe de représailles serait inévitable.
Vladimir Poutine a aussi accusé les États baltes de dissimuler des drones dans leur espace aérien et de les faire passer pour ukrainiens afin d’éviter une confrontation directe avec Moscou. Ces accusations s’inscrivent dans une série de messages qui, selon Varsovie, préparent l’opinion à une possible provocation.
Vers un élargissement du conflit?
Radosław Sikorski a comparé cette logique à celle de l’opération Himmler de 1939, également appelée «incident de Gleiwitz». À l’époque, l’Allemagne nazie avait organisé une fausse attaque contre une station de radio allemande en habillant ses agents avec des uniformes polonais, afin de fabriquer un prétexte à l’invasion de la Pologne.
Moscou pourrait chercher à mettre en place un scénario similaire: une agression mise en scène pour apparaître comme une riposte légitime à une attaque supposée. Pour Varsovie, il s’agirait d’une manière de préparer l’opinion à un élargissement du conflit.
Cette lecture est renforcée, selon Radosław Sikorski, par une série de prises de parole russes visant les pays baltes et la Pologne. Les accusations de drones ukrainiens cachés sur place, les menaces de représailles contre la Lettonie et les avertissements visant l’Europe formeraient un faisceau d’indices à prendre au sérieux.
À Moscou, le chef du renseignement extérieur Sergueï Narychkine a lui aussi accusé l’OTAN d’intensifier son activité militaire près des frontières russes. Il a prévenu que la Pologne et les États baltes seraient les premiers touchés en cas de guerre entre la Russie et l’Alliance.
Au-delà d’une rhétorique classique venant de Vladimir Poutine, l’inquiétude est donc celle d’un scénario de provocation fabriquée pour justifier de nouvelles actions militaires. Pour la diplomatie polonaise, le danger n’est pas seulement une attaque directe, mais aussi la construction progressive d’un récit destiné à la rendre politiquement acceptable.
Source:
www.slate.fr


