AccueilOpinionLa Russie aurait...

La Russie aurait mis au point des missiles n'explosant qu'à l'arrivée des secours

Selon le site ukrainien Euromaidan Press, la Russie aurait commencé à utiliser des missiles balistiques Iskander-M équipés d’ogives à sous-munitions dont certaines exploseraient avec un délai de 20 à 30 minutes après l’impact. Selon le système ukrainien de surveillance aérienne eRadar, ces sous-munitions se dispersent sur plusieurs centaines de mètres autour du point d’impact avant de commencer à détoner, mettant en danger toute personne se rendant sur les lieux ou tentant d’évacuer les bâtiments voisins.

Ce mécanisme introduit directement dans l’arme une variante automatisée de la doctrine dite du «double tap». Traditionnellement, cette tactique consiste à lancer une première frappe, puis à attendre 30 à 40 minutes avant d’en déclencher une seconde afin de viser les équipes de secours. On a notamment pu voir l’armée israélienne l’employer ces derniers mois à Gaza ou au Liban. Avec ces nouvelles ogives, l’effet «double tir» est directement intégré dès la première attaque, sans nécessité d’un second tir.

La stratégie cible précisément les personnes qui interviennent après une explosion: ambulanciers, pompiers, voisins venus porter assistance et civils tentant de fuir les zones touchées. En retardant certaines détonations, l’arme transforme une zone déjà touchée en piège mortel.

Sur le plan technique, les sous-munitions des ogives à fragmentation des Iskander-M sont généralement conçues pour exploser à une altitude d’environ 6 à 10 mètres au-dessus du sol. Cette configuration maximise la dispersion des éclats et augmente leur capacité à atteindre des cibles sur une large surface.

Un minuteur ciblant les secours

Plusieurs variantes existent, incluant des sous-munitions à fragmentation classique, des charges antichars de type PTAB-2.5KO, ainsi que des ogives capables de disséminer des mines antipersonnel comme les PFM-1 ou des mines auto-positionnantes POM-2. La version récemment signalée se distinguerait par l’intégration d’un minuteur programmé, déclenchant des explosions différées.

Ce délai de 20 à 30 minutes semble précisément calibré pour coïncider avec le temps d’intervention habituel des secours. Ainsi, l’arme vise non seulement à infliger des dégâts initiaux, mais aussi à maximiser les pertes parmi ceux qui interviennent ensuite.

L’utilisation de missiles Iskander à sous-munitions contre des zones civiles a été documentée à plusieurs reprises. Le 4 avril 2025, une frappe sur un quartier résidentiel de Kryvyï Rih, comprenant une aire de jeux, a causé la mort de 20 civils, dont neuf enfants. Selon les Nations unies, il s’agit de l’attaque la plus meurtrière contre des enfants ukrainiens depuis le début de l’invasion à grande échelle.

Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme a rapporté que «des centaines de fragments» avaient touché habitations, aires de jeux et végétation, qualifiant cette attaque de «mépris total pour la vie des civils» et évoquant un possible crime de guerre. Face à cette menace, les autorités ukrainiennes appellent la population à rester à distance des zones frappées, à éviter tout objet suspect et à attendre l’intervention des équipes spécialisées dans le déminage.


Source:

www.slate.fr

Articles similaires

Annonce publicitairespot_img