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Chenilles, araignées, coléoptères : le menu secret des mésanges

Quel est le lien entre reproduction et nourriture de bonne qualité chez la mésange charbonnière ? Voici la question que se pose Jérémy Defrance, doctorant au Centre d’Ecologie Fonctionnelle et Evolutive (CEFE) de Montpellier. L’équipe mésanges – qui fête ses 50 ans cette année – s’efforce de comprendre les différences entre mésanges forestières et urbaines, et la manière dont ce passereau s’adapte à l’urbanisation de nos paysages. 

Au commencement de la thèse de Jérémy Defrance, un constat : les mésanges urbaines pondent leurs œufs plus tôt, en moins grande quantité, et les poussins sont moins nombreux à s’envoler du nichoir que leurs congénères forestiers. Il tente donc de comprendre s’il existe un lien entre ces caractéristiques et leur régime alimentaire.

Un garde-manger similaire en ville et en forêt

Le jeune Montpelliérain a donc mis en place trois manipulations. Le battage des arbres est la première d’entre elles. Bien ancré dans le sol, Jérémy atteint la branche d’un arbre avec son filet, puis la secoue pendant 10 secondes. Il dispose ensuite le pactole sur un drap blanc et étudie le garde-manger des mésanges. Sous les yeux du doctorant, s’activent des crematogasters (fourmis acrobates), des diptères (insectes possédant deux ailes), ou encore la ressource préférée des poussins : des chenilles. Cette expérience lui permet de conclure qu’il existe un pic de disponibilité de chenilles en forêt, mais aussi en ville, pourtant moins lotie en espaces verts. 

Pour la deuxième manipulation, Jérémy a positionné des caméras GoPro à l’entrée de plusieurs nichoirs. L’objectif : analyser ce qu’amènent les parents à leurs poussins lorsque la demande en nourriture est la plus forte, soit environ 10 jours après leur naissance. « En début de période de reproduction, on a constaté qu’en ville, les parents rapportaient plus de chenilles qu’en forêt », résume-t-il. « C’est un résultat qui allait à l’encontre de ce à quoi on s’attendait ». Puis, plus tard dans la période de reproduction, un inversement des tendances a lieu, et c’est en forêt qu’il y a le plus de chenilles apportées. Cette manipulation a également mis en évidence un lien entre le gradient d’urbanisation et la probabilité pour une mésange d’apporter une chenille en ville. Plus un nichoir est situé dans une aire urbanisée, moins les parents vont rapporter la précieuse denrée aux poussins. 

Côté variété, en ville ou en forêt, les poussins ont le même menu

Coléoptère, araignée, lépidoptère : c’est aux ingrédients du menu qu’était dédiée la dernière observation de Jérémy. Il a analysé les crottes des poussins avec une méthode d’analyse d’ADN, le metabarcoding. Grâce à cette technique, il a pu savoir exactement quelles espèces d’arthropodes ont été ingérées par les petits. Conclusion : les poussins des villes et des forêts bénéficient de la même variété d’aliments. 

Jérémy Defrance soutiendra sa thèse en septembre 2026. Selon lui, travailler sur cet oiseau que l’on croise aussi bien dans nos jardins qu’en pleine forêt est primordial. « Si on veut préserver la mésange charbonnière, il est important de l’étudier », explique-t-il, « pour que, lors de nos futurs printemps, on puisse encore entendre ce doux son de ti-tu ti-tu ti… » 


Source:

www.sciencesetavenir.fr

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